Silverstone casse son contrat avec la F1 pour le renégocier

Publié le par Matthieu Piccon

Trois jours avant le début du Grand Prix de Grande-Bretagne, Silverstone et le BRDC ont décidé d'activer leur clause pour casser leur contrat avec la F1. Mais ce n'est qu'une étape dans le processus de négociation avec Liberty Media.

En 2009, Silverstone avait signé un nouveau contrat avec la F1 d'une durée extraordinaire puisqu'il s'étendait sur 17 ans. La raison invoquée est que cela permettait de mettre en place un programme d'investissements massif sur cette période avec la garantie de conserver la discipline reine.

Là où le bas blesse est que Bernie Ecclestone n'avait consenti une telle période qu'en échange d'une hausse de 5% annuelle de la redevance due par le circuit, ce qui la portait à 25 millions de livres pour la dernière année de contrat. Sur les huit années écoulées, elle est ainsi déjà passée de 11,5 à 16,2 millions.

Or dans le même temps, il n'a pas été en mesure d'augmenter d'autant les recettes, malgré la mise en place de nombreuses activités parallèles, comme le festival, qui s'entend désormais du jeudi au dimanche.

Par conséquent, John Grant, le président du conseil d'administration du BRDC (propriétaire du circuit), a ainsi annoncé : "La décision a été prise car il n'est pas financièrement viable de continuer à accueillir le Grand Prix de Grande-Bretagne d'après les conditions du contrat actuel. Nous avons perdu 2,8 millions de livres sterling en 2015, 4,8 millions en 2016 et nous nous attendons à avoir une perte similaire cette année. Nous sommes arrivés à un point de rupture où la passion ne peut pas diriger nos têtes. Cela serait non seulement risquer l'avenir de Silverstone et du BRDC mais également de la communauté des sports automobiles britannique qui compte sur nous."

Mais si sa rupture prend effet à l'issue de l'épreuve 2019, cela ne signifie pas pour autant que la Grande-Bretagne va définitivement perdre son épreuve puisque les négociations restent en cours avec les nouveaux propriétaire, Liberty Media, comme le confirme John Grant : "Cependant, je veux clarifier que même si nous avons activé notre clause de sortie, nous soutenons pleinement les changements que Liberty est en train d'effectuer pour améliorer l'expérience F1. Nous espérons qu'un accord pourra toujours être trouvé afin que nous puissions assurer un avenir viable financièrement pour le Grand Prix de Grande-Bretagne à Silverstone pour de nombreuses années à venir."

Le timing de l'annonce est intéressant puisqu'il intervient le jour même où la F1 annonce précisément qu'un grand événement public aura lieu ce mercredi sur Trafalgar Square à Londres, avec, pour la première fois, la présence des 10 équipes présentes en F1 ainsi que de nombreux pilotes. A noter que Lewis Hamilton ne fera pas partie des célébrités présentes alors qu'il ne manque jamais une occasion de dire son plaisir d'évoluer devant ses compatriotes...

Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que Liberty Media joue les vierges effarouchées dans son propre communiqué de réaction : "Nous regrettons profondément que Silverstone ait choisi d'utiliser cette semaine pour invoquer une rupture qui prendra effet dans trois ans. Nous avons offert d'étendre les échéances actuelles afin de se concentrer sur ce qui fait la grandeur de Silverstone et de la Formule 1. Malheureusement, les dirigeants de Silverstone ont décidé de privilégier un gain sur le court terme."

Gageons que lorsque l'émotion sera passé et que les négociations reprendront derrière des portes fermées, un accord pourra être trouvé. Le gouvernement britannique, en plein Brexit, pourrait même s'impliquer puisque les sports automobiles représentent 45 000 emplois directs, dont la majeure partie située dans les environs du circuit.

A l'heure actuelle, Silverstone n'a plus de contrat après 2019

A l'heure actuelle, Silverstone n'a plus de contrat après 2019

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