Alonso déclenche les passions en Espagne

Publié le par Matthieu Piccon

Ferrari---Fernando-Alonso--fans.jpgCe week-end, Mark Webber a brillamment remporté le Grand-Prix d'Espagne. Mais celui que le public a le plus ovationné est sans conteste Fernando Alonso. Le nouveau pilote de la Scuderia Ferrari est une idole absolue outre-Pyrénées et sa venue chez Ferrari a encore amplifié le phénomène. Les tribunes de Montmelo étaient ainsi recouvertes de rouge.

Ainsi il y avait près de 20.000 personnes qui ont patienté plusieurs heures pour pouvoir approcher leur idole. Ils étaient 34.000 le vendredi et près de 200.000 lors de l'épreuve dominicale. On est bien loin des tristes tribunes vides de Shanghai, Sepang ou Bahrein...

Pourtant l'Espagne revient de très loin en matière de Formule 1. Il y a encore une décennie la Formule 1 n'était absolument pas une priorité pour les Ibériques, qui vouaient davantage une passion sans limite à la moto, où ils pouvaient soutenir nombre de leurs champions. Le reste des sports automobiles, et surtout pour les épreuves circuits, étaient alors totalement à l'abandon, ce que confirme Carlos Gracia, le président de la fédération automobile espagnole : "Quand je suis arrivé, il y a bientôt 26 ans, à la tête de la fédération, il n'y avait qu'un circuit en Espagne, obsolète, et même pas un circuit de karting." Avec une telle infrastructure, il n'est pas étonnant que les audiences télévisées et dans les tribunes n'étaient pas à la hauteur : "Les audiences étaient très basses. Aucune chaîne ne pariait sur la F1. Elles nous donnaient presque certaines courses par compassion. On la passait la nuit, ou tôt le matin."

L'arrivée d'Alonso change tout

Mais tout cela a changé avec l'arrivée... de Fernando Alonso. Il va connaître le succès dès sa première saison (2003) au sein de l'écurie Renault, après avoir connu une année d'apprentissage en piste chez Minardi (en 2001), puis dans les coulisses en tant que troisième pilote de l'écurie française (lors de la saison 2002). Ce parcours, il le doit à Flavio Briatore. Celui, qui était alors tout puissant dans l'écurie au Losange, était également son manager. Il a donc pu lui construire un plan de carrière sur mesure

Mais Briatore est avant tout un homme d'affaires. Sentant qu'il tenait un diamant brut entre les mains, il use de son amitié avec le grand argentier de la Formule 1, Bernie Ecclestone, pour obtenir un accord sans équivalent : la FOM d'Ecclestone lui cède pour un prix tout à fait modique les droits télévisés de la Formule 1 pour l'Espagne. Charge pour l'Italien de trouver des télévisions prêtes à payer pour diffuser les courses. Lorsque son pilote va remporter ses premiers succès, l'audience va alors exploser puisque le Grand-Prix d'Espagne 2004 va enregistrer la venue de 354.700 personne au cumul des trois jours. Les droits télévisés suivent naturellement la même tendance. Flavio Briatore aura alors prouvé une nouvelle fois ce que disait de lui Franck Williams : "Il n'est pas un homme de course mais il prend toujours la bonne décision."

Depuis le paysage autombile espagnol a largement évolué : la Formule 1 se rend désormais deux fois dans la péninsule ibérique puisque Valence a rejoint le calendrier en 2008 pour surfer sur cette vague pro-Alonso, comme celle que l'Allemagne avait connu au temps de la gloire de Michael Schumacher. Ce n'est pas un hasard si l'Espagne a obtenu le Grand-Prix d'Europe, longtemps dévolu au Nürburgring. De plus, les circuits se sont multipliés : la région désertique d'Aragon a ainsi construit Motorland, qui a pour vocation de devenir le Las Vegas des sports automobiles et qui accueille les World Series by Renault.

Enfin, l'Espagne compte, avec le champion du monde 2005 et 2006, Jaime Alguersuari et Pedro de la Rosa, pas moins de trois pilotes au sommet du sport automobile mondial et compte bien défendre leur place, comme le montre le récent soutien de Carlos Garcia à Pedro de la Rosa.

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