Adam Parr pour que la F1 soit plus présente sur les réseaux sociaux

Publié le par Matthieu Piccon

Williams - Adam ParrA l'heure actuelle, il n'est pas possible de visionner les courses de F1 en direct sur Internet parce que Bernie Ecclestone entend faire satisfaire les demandes des télévisions qui achètent (cher) les droits pour les diffuser. Pour autant, Adam Parr estime que davantage pourrait être fait pour augmenter la diffusion de la F1.

Dans son interview pour Autosport, il commence ainsi par féliciter Bernie Ecclestone pour ce qu'il est parvenu à faire de la F1 : "Ce que je ressens fortement, c'est qu'en tant que sport, ce que Bernie a créé comme événement, en termes de qualité des événements, les endroits où nous allons, les standards selon lesquels nous opérons, impressionne tout le monde. S'ils viennent en F1 et ont vu du tennis, du squash, du golf ou n'importe quoi d'autres, il y a un monde de différence et la logistique de ce que nous faisons est phénoménal."

Néanmoins, le dirigeant de Williams estime qu'il existe encore des voies d'améliorations pour augmenter encore l'aura de ce sport, partout dans le monde. En première ligne, il voit d'énormes perspectives grâce à Internet en général et aux médias sociaux en particulier : "La deuxième chose est l'aspect médiatique. L'histoire que nous avons pour créer une audience mondiale, la qualité des images télévisées, la direction de course, qui est une tâche très difficile, est incroyable. C'est de classe mondiale. Ce que je crois, c'est que les médias sociaux, Internet et même la télévision payante se sont tellement développés au cours de la dernière décennie que nous devons changer de perspective. Non seulement de la façon dont nous communiquons avec les gens et comment nous distribuons notre contenu mais également de manière économique si possible."

Il est intéressant que cette remarque vienne de la part du directeur d'une dernières écuries à avoir lancé sa propre page Facebook. Quant à son profil Tweeter officiel, s'il est géré par les deux responsables officiels de la communication de l'écurie, il ne diffuse quasiment pas d'informations officielles mais permet de donner un meilleur aperçu de la vie de l'écurie, loin des paillettes et du strass des paddocks.

Pour lui, l'un des meilleurs exemples est lié à la dernière annonce majeure faite par son écurie, à savoir le contrat de fournitures moteurs par Renault, et l'impact qu'a pu avoir les tweets de Rubens Barrichello : "Rubens a plus d'un million de fans sur Twitter, dont une partie importante sont Brésiliens. Pour Renault, le Brésil est un marché clé et lorsque Rubens est assis à Grove pour le lancement de notre nouveau partenariat et tweete que nous sommes de retour avec Renault et que c'est une nouvelle fantastique, un million de personnes, qui ont décidé de le suivre, reçoivent un soutien à Renault qui n'est pas payé. C'est ce qu'il ressent personnellement par rapport à l'entreprise et la marque. Comment quantifiez-vous ce que cela vaut ? Combien de publicités télévisées de la Clio cela vaut-il ? Quelqu'un qu'ils admirent, quelqu'un qu'ils ont personellement choisis de suivre, dit que nous sommes tellement heureux d'être de nouveau avec Renault, un motoriste de classe mondiale. Il n'a rien facturé pour cela, il n'y a aucun lié à cela mais cela vous donne un aperçu des possibilités. Et cela n'a rien à voir avec ce que vous diffusez à la télévision."

Bernie Ecclestone ne ferme pas la porte mais estime que la balle est davantage dans le camp des diffuseurs que dans la sienne, comme il a pu récemment le déclarer à Channel 10 : "Vous entendez beaucoup de choses à ce propos. Lorsque nous négocions un accord avec un diffuseur, nous leur donnons le droit de diffuser par n'importe quelle méthode ils veulent dans leur pays. Donc s'ils veulent diffuser sur un téléphone portable, qui est, en fait, une petite télévision, surtout avec les tablettes et ce genre de choses, ils le peuvent mais il ne semblerait qu'ils le veuillent. Les gens veulent toujours allumer leur télévision. Tout ce que nous pouvons faire, nous le faisons. Nous avons considéré toutes les différentes méthodes de diffusion. A l'instant où vous allez permettre à d'autres personnes de diffuser par d'autres moyens, vous allez énerver les gens qui ont des contrats télévisés."

Voilà une nouvelle qui ne va pas manquer de ravir les fans de F1 en France : alors que France Télévisions n'hésite pas à diffuser ses plus grands événements (Tour de France, Rollang Garros, Jeux Olympiques...) sur son site Internet, TF1 préfère diffuser les qualifications sur sa chaîne payante Eurosport. Quant à la course, si elle a le malheur de tomber en même temps que la sacro-sainte grand-messe du 20 heures, elle sera, au mieux, diffuser sur cette même chaîne payante ou, au pire, pas du tout. Le dernier Grand-Prix du Canada en a d'ailleurs donné un bel example : il est certain qu'une course qui se déroule sous la pluie avec un vainqueur qui se décide dans le dernier tour est beaucoup moins intéressant que les prouesses de Samy Naceri dans Taxi...

Adam Parr est prêt à entendre ces arguments mais estime que de l'optimisation de la diffusion peut tout de même être réalisée : "C'est très bien et il a créé cette rareté qui crée de la valeur autour de nos images mais c'est peut-être une stratégie et il y a peut-être d'autres options. Peut être dépendre d'un grand diffuseur comme la BBC... Pour moi, le site de la BBC est très bon, iPlayer est un produit fantastique et la qualité actuelle de la diffusion est bluffante. Mais est-ce que cela signifie qu'ils l'optimisent pour l'iPhone et l'iPad ? Je ne le pense pas."

Pour autant, le dirigeant britannique ne veut pas apparaitre comme remettant en cause la légitimité de Bernie Ecclestone et le travail qu'il a accompli au cours des dernières décennies : "Vous ne pouvez pas simplement regarder en arrière et dire que nous avons fait un travail fantastique, brillant. Nous devons penser à l'avenir et nous challenger nous mêmes et challenger Bernie, parce qu'il contrôle les droits commerciaux, pour voir ce qui est possible. Je ne considère pas cela comme une guerre des mots, je ne considère pas ça comme une insulte. Il est un gars incroyable et j'ai un énorme respect pour lui. Mais nous pouvons pas rester assis et nous contenter de nos performances. A chaque fois que nous discuttons, ça se passe très bien et il me remets gentillement à ma place et me rappelle que je comprends si peu et je l'accepte. Mais cela ne m'empêche pas de poser la question..."

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