Vers une alternance entre la Belgique et la France ?

Publié le par Matthieu Piccon

Toro Rosso - Sebastien Bourdais, drapeau françaisComme la France n'arrive toujours pas à retrouver une place au calendrier de la F1 et que la Belgique est structurellement déficitaire, une solution intermédiaire pourrait d'alterner entre les deux pays. Reste à ce que les promoteurs se mettent d'accord et que la France présente un circuit acceptable pour les standards de la F1.

Ainsi le Journal du dimanche a indiqué qu'André Maes, le promoteur belge lui a indiqué : "J'ai été sollicité à ce sujet en début d'année par des responsables français. Cela peut m'intéresser, j'attends des nouvelles." Autant dire que le dossier est loin d'être débloqué puisque l'affaire remonte donc à au moins six mois...

D'autant plus que la France n'est pas la seule sur les rangs pour une éventuelle alternance avec le toboggan des Ardennes puisque Bernie Ecclestone aurait poussé l'idée d'une alternance avec l'Allemagne : "Il m’a soufflé l’idée d’alterner avec l’Allemagne, ce qui peut aussi m’intéresser. Il pousse à ce que les Européens s’associent de cette manière." Or ce scénario pourrait présenter quelques inconvénients : le Grand-Prix d'Allemagne a déjà mis dans le passé une alternance entre Hockenheim et le Nübürgring pour alléger la facture pour les Länder respectifs mais cela n'a été effectif qu'une seule saison (2009) avant que le Nürbürgring ne jette l'éponge.

Si le dossier français devait avoir plus de chances, il faudrait pour cela disposer d'un circuit capable de plaire à la jet set habituée des paddocks. Autant dire que Magny-Cours ne présente pas ce profil, malgré des installations de qualité et un succès populaire qui ne se dément pas (il n'y a qu'à regarder le succès des World Series by Renault organisées sur le circuit nivernais). Quant au Mans, il ne souhaite pas entendre parler de la F1, préférant se concentrer sur les 24 heures du Mans. Tous les circuits en région parisienne étant morts-nés (il est certain qu'une ferme biologique, comme c'est le cas à Flins, apporte beaucoup plus de retombées économiques qu'un circuit automobile...), la seule solution crédible reste le circuit du Castellet.

Le circuit Paul-Ricard n'est pas un inconnu du Grand-Prix de France puisqu'il en a été le théâtre, en alternance avec Dijon-Prenois, entre 1971 et 1990. Il a bénéficié d'importants investissements, qui en ont fait une des références technologiques sur le Vieux Continent. C'est ainsi sur le circuit varois que les premiers essais ont été effectués pour évaluer la faisabilité d'un circuit de nuit avant que Singapour ne devienne la première épreuve nocturne de l'histoire de la F1.

L'identité de son propriétaire actuel ne manque pas d'intérêt puisqu'il s'agit de Slavica Ecclestone, qui a récupéré le circuit lors de son divorce avec Bernie Ecclestone. Eric Besson, actuel ministre de l'industrie, a ainsi récemment indiqué que le gouvernement allait engager des négociations avec l'ancienne femme du grand argentier de la F1. Peut-être les hommes politiques français commencent à se rendre compte que l'automobile est l'un des principaux employeurs en France et que les événements sportifs permettent de rassembler des centaines de milliers de personnes, qui ne manquent pas de favoriser l'économie locale...

L'équation financière à résoudre est donc la suivante : le promoteur doit verser entre 20 et 25 millions d'euros (Silverstone a versé 12 millions de livres sterling en 2010, soit 13 millions d'euros, mais la facture s'élevera  à 26 millions de livres sterling en 2026) à la FOM pour accueillir l'épreuve et sa seule source de revenus est la billetterie puisque toutes les autres retombées (sponsoring au bord des pistes, droits télévisés...) sont conservés par l'entreprise de Bernie Ecclestone. Selon un proche du dossier interrogé par le JDD, les entrées sur trois jours peuvent rapporter jusqu'à 14 millions d'euros. Reste donc à trouver un financement pour les six à huit millions restants. Sachant que les collectivités locales doivent être mises à contribution le moins possible. Autant dire que 2013 parait le minimum envisageable pour un éventuel retour de la France au calendrier, d'autant plus que Spa dispose d'un contrat jusqu'à la fin de 2012.

Si le dossier venait à se débloquer au niveau financier, le projet français pourrait compter sur la présidence de la FIA par un Français, Jean Todt, qui a déclaré à TF1-LCI : " En tant que président de la FIA, je ne suis pas directement impliqué dans l’organisation du Grand Prix de France, même si en tant que Français je voudrais que la France retrouve sa place dans le calendrier. Je sais que beaucoup de gens sont impliqués pour essayer de trouver une solution positive, notamment au plus haut niveau du gouvernement. Mais il faut, pour l’instant, laisser les principaux interlocuteurs s’occuper du problème. S’il faut donner un petit coup de pouce final, nous le donnerons."

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