Sauber ne peut plus payer ses fournisseurs

Publié le par Matthieu Piccon

Sauber C32Sauber connait un début de saison très compliqué : en piste et en dehors. L'écurie suisse n'est ainsi plus en mesure de régler ses factures à ses fournisseurs et son avenir est compromis.

Depuis quelques semaines, les rumeurs sur l'état de santé financier de Sauber se font de plus en plus alarmistes. Afin de clarifier la situation, ses dirigeants ont décidé de sortir de leur silence et ont reconnu les difficultés qu'ils rencontrent à l'heure actuelle.

Peter Sauber était donc l'invité de l'émission Sportpanorama sur la chaine suisse SRF, juste après le Grand Prix d'Allemagne, où Nico Hülkenberg a obtenu la 10ème place et donc un précieux point. Le pilote allemand est l'un des premiers concernés par la situation de son écurie puisque, selon certaines rumeurs, il n'aurait plus été payé depuis deux mois déjà. Le propriétaire de l'équipe a donc démenti cette éventualité et a affirmé qu'il avait toujours réglé les salaires en temps et en heures : "En 20 ans en Formule 1, nous n'avons jamais payé les salaires en retard."

Quant à la situation contractuelle de son pilote numéro 1, il s'estime confiant de le conserver au moins jusqu'au terme de la situation actuelle : "En général, je ne parle jamais de contrat mais je suis convaincu que Nico restera avec nous durant la seconde moitié de saison."

Par contre, il a reconnu qu'il avait demandé des délais supplémentaires par rapport au réglement des factures dues à ses fournisseurs : "Cette situation n’affecte pas seulement le développement de la voiture mais aussi les fournisseurs. Dans la plupart des cas, notre demande est acceptée avec compréhension. Mais cela est très énervant et même parfois douloureux." Cela n'est pas forcément une grande surprise pour nos fidèles lecteurs puisque l'écurie a multiplié les annonces de partenariat avec des entreprises à proximité de son siège d'Hinwill. On peut donc imaginer que des factures soient réglées en équivalent publicitaire afin de soulager la trésorerie de l'écurie helvète.

La clé est donc de trouver de nouveaux sponsors majeurs, en commençant par un sponsor-titre. Depuis que Peter Sauber a racheté son équipe à BMW, celle-ci n'a pas retrouvé d'entreprise souhaitant obtenir ce rôle. Dans ces conditions, l'apport financier de Telmex lié à la présence de Sergio Perez, puis d'Esteban Gutierrez est tout simplement indispensable. Peter Sauber et Monisha Kaltenborn ont donc multiplié les discussions avec des sponsors potentiels et une annonce pourrait avoir lieu rapidement : "Nous sommes très confiants à cet égard. Si cela fonctionne bien, nous pourrons donner le feu vert à la fin du mois." Les noms évoqués viennent de l'Est puisqu'il pourrait s'agir du géant russe Gazprom ou un des fournisseurs, SGM Group, détenus par les frères Rotenberg.

Mais les dirigeants d'Hinwill travaillent également sur une seconde option, si la première venait à ne pas se concrétiser : "C'est un bon plan. Cependant, le temps est le principal problème. Nous manquons d'argent pour continuer" car si les fournisseurs non payés arrêtent de travailler pour l'écurie, elle ne sera plus en mesure de s'aligner sur la grille de départ.

En dernier ressort, Peter Sauber serait prêt à céder l'oeuvre de sa vie et à ouvrir le capital de l'écurie à d'autres investisseurs. Dans tous les cas, il n'envisage pas la possibilité de fermet son écurie éponyme : "C’est une possibilité s’il n’existe pas d’autres solutions. Mais nous sommes encore loin de cette décision. Fermer les portes n’est pas une option. La passion qui m’habite m’aide dans des situations comme celle-là. Il n’y a rien d’autre à faire que de se battre."

Parmi les acheteurs potentiels, on retrouve Roman Abramovitch, qui est déjà partenaire de l'équipe via le club de football de Chelsea. Mais une autre solution plus originale est apparue ces derniers jours : Nicolas Todt pourrait être candidat à un éventuel rachat. En effet, l'homme d'affaires français, fils du président de la FIA Jean Todt, a déjà fait acte de candidature pour arriver en F1 lorsque la FIA avait lancé un appel à candidature en 2010. Avec ART Grand Prix, il dispose d'une expérience solide dans la gestion d'écurie de pointe (3 titres pilotes en GP2 et invaincu en trois ans au championnat Constructeurs en GP3). De plus, de par son activité de manager de pilotes (Felipe Massa, Pastor Maldonado et Jules Bianchi pour la seule partie F1), il dispose de solides relations pour attirer des sponsors dans une écurie établie, bénéficiant d'infrastructures de premier ordre depuis l'époque BMW.

Les prochaines semaines seront cruciales pour l'avenir d'une des dernières écuries 100% indépendantes.

Publié dans Sauber

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