Nicolas Todt regrette le retour des pilotes payants

Publié le par Matthieu Piccon

Ferrari---Nicolas-Deschaux--Jules-Bianchi--Nicolas-Todt.jpgDepuis la disparition des écuries comme Minardi (devenue Toro Rosso) ou Arrows, la mode n'était plus aux pilotes payants en Formule 1. Cependant, la crise de 2008 n'épargne pas le microcosme de la Formule 1 puisque les revenus du sport ont baissé de 200 millions de dollars en 2009 par rapport à 2008. Cela oblige les écuries à se tourner de nouveau vers cette source de revenus. Une situation que regrette profondément Nicolas Todt.

En effet, le propriétaire de l'écurie ART Grand-Prix et agent des pilotes Felipe Massa, Jules Bianchi, Pastor Maldonado et Aaro Vianio, estime que ces pilotes empêchent des pilotes au grand talent d'accéder à la Formule 1 : "À cause de la crise économique mondiale et des difficultés relatives des petites et moyennes équipes à trouver un budget, même les jeunes pilotes les plus méritants doivent se battre pour accéder au monde des Grands Prix. Dans mon travail en tant que manager, où des investissements considérables sont déjà nécessaires dans les formules de promotion, obtenir de bons et prestigieux résultats n’est pas un garantie pour planifier un avenir en Formule 1. Paradoxalement, il est devenu plus difficile d’accéder à la F1 alors qu’il y a plus de baquets de disponible."

Nicolas Todt est, en effet, concerné au premier plan puisqu'à la fin de la saison prochaine, il sera dans la logique des choses qu'il cherche un baquet pour son protégé, Jules Bianchi. Or même s'il venait à remporter le titre (il est toujours en lice pour être vice-champion pour sa première saison dans ce championnat), son avenir en Formule 1 ne serait pas garanti : "En 2011, Jules Bianchi aura la chance de faire une bonne saison en GP2. C'est ce que j'espère. Mais je suis conscient que si je n'arrive pas à trouver un sponsor ou un investisseur, je n'aurais pas la certitude de lui trouver un volant, même si Jules domine le championnat."

Pour lui, l'issue pour les jeunes pilotes est de s'associer très jeune avec une des grandes écuries : "A l'avenir, je vois de réelles chances de réussir pour les pilotes qui sauront associer résultats et sponsors ou ceux qui seront liés dès un très jeune âge à Red Bull, McLaren ou Mercedes, qui peuvent garantir de débuter sans soutien financier."

C'est la stratégie qu'a appliqué Lewis Hamilton qui est lié à McLaren depuis ses neuf ans, qui l'a soutenu tout au long de sa carrière. McLaren espère réitérer cette bonne pioche avec la signature de Nick de Vries à l'âge de 14 ans. Mais cette solution peut également se retourner contre un pilote si les résultats ne sont pas suffisants par rapport aux exigences de l'écurie, comme le montre l'exemple de Brendon Hatley, remercié par Red Bull au profit d'un autre Français, Jean-Eric Vergne.

Pourtant, Nicolas Todt n'évoque pas le fait qu'il est lui même parvenu à lier son protégé à une autre grande écurie : Ferrari. En effet, Jules Bianchi a été le premier pilote à intégrer la Ferrari Driver Academy à la suite de l'accident de Felipe Massa. Le pilote français dispose donc déjà de relations solides avec l'une des écuries les plus performantes du plateau, qui pourrait jouer de son influence pour lui trouver un baquet. C'est cette solution qui avait été adoptée dans la courbe d'apprentissage de Felipe Massa, qui avait fait ses gammes chez Sauber, motorisé par la Scuderia.

Quant Nicolas Todt évoque la possibilité d'associer résultats et sponsors, il a peut être en esprit le cas de Pastor Maldonado. Le Vénézuelien vient de remporter le titre en GP2 et vise désormais clairement la marche supérieure. Il se retrouve désormais en confrontation directe avec Nico Hülkenberg pour une place au sein de Williams. Les 15 millions de dollars apportés par son sponsor principal, PDVSA, pourrait ainsi faire basculer la balance en sa faveur au sein d'une écurie qui va subir un exode massif de sponsors à l'issue de la saison actuelle. Pourtant, Nico Hülkenberg est son prédécesseur au palmarès du GP2 et dispose de Wili Webber, celui qui a fait "naître" Michael Schumacher, comme agent. Preuve supplémentaire que les sponsors peuvent être la clé pour les bons pilotes pour qu'ils n'atterrissent pas dans les écuries de fonds de peloton.

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