Max Mosley s'inquiète du futur de la Formule 1 et tacle Ferrari

Publié le par Matthieu Piccon

Red Bull - Max MosleyEn octobre 2009, Max Mosley cédait son trône de président de la FIA à Jean Todt. Depuis, l'ancien président s'est fait plutôt discret. Mais voilà qu'il réalise coup sur coup deux sorties médiatiques. Le sujet : le futur de la F1 et ses vieux rivaux de Ferrari.

Trop d'épreuves au calendrier

Pour lui, le calendrier des années à venir va être trop chargé avec surement 22 épreuves dès 2012 (avec l'arrivée de l'Inde et des Etats-Unis) : "Pour moi personnellement, c'est trop. Selon moi, cela fait trop de dimanches après-midi pour espérer que les gens se dédient à la F1. A un certain point, cela devient lassant et si vous commencer à sauter une course par-ci par-là, cela peut vite devenir une habitude. Cela peut faire effet de boule de neige sur les audiences télévisuelles."

Il y a néanmoins une nuance à apporter à ce constat. Ainsi les audiences dont parle Max Mosley concernent surement les pays européens, le réservoir traditionnel des fans de F1. Or le but de l'expansion asiatique menée par Bernie Ecclestone est justement d'attirer de nouveaux téléspectateurs. Le grand argentier de la Formule 1 estime que s'il parvient à faire arriver des pilotes issus de ces pays en voie de développement, cela y boostera les audiences ainsi que les fréquentations aux courses. Sachant que la Chine compte 1,3 milliard d'habitants, l'Inde plus d'un milliard et la Russie plus de 140 millions, le potentiel de croissance parait important.

De même, il faut rappeler que le championnat de Nascar américain compte pas moins de 36 épreuves au calendrier et s'étend du mois de février jusqu'au mois de novembre. Pourquoi sa viabilité économique serait assurée dans un pays de "seulement" 300 millions d'habitants et la F1 ne pourrait pas y parvenir avec une audience mondiale ?

Une perte possible de deux ou trois écuries

Autre sujet de bataille du membre du Sénat de la FIA : les écuries à bas coût, dont il a été le grand défenseur l'an passé : "En janvier 2008, j'ai averti que sans une réduction des coûts, il n'y aurait pas que les petites écuries qui auraient des problèmes. Cela s'est concrétisé : Honda, BMW, Toyota et Renault sont partis parce que les budgets étaient disproportionnés. Cela continue d'être vrai et cela m'inquiète. Pour 2011, vous avez besoin de 100 millions, dont 30 ou 40 qui viennent de Bernie Ecclestone, peut-être 20-25 des sponsors ou des pilotes. Il y a six écuries qui se demandent d'où le reste va venir. C'est relativement possible que l'on perde deux ou trois écuries."

Mais étonnamment lorsque l'on regarde aux écuries qui pourraient disparaitre, nous avons davantage tendance à regarder du côté des nouvelles écuries que des écuries traditionnelles. Ainsi HRT, l'écurie la plus lente du plateau, souffre de graves difficultés financières et surtout n'a toujours pas de fournisseur châssis pour la saison prochaine puisque Toyota a refusé de travailler avec elle à cause de ses défauts de paiements. Les deux autres écuries (Lotus et Virgin) paraissent certes davantage solides financièrement, surtout avec l'arrivée du constructeur russe Marussia au capital de Virgin.

Quant aux autres écuries, nous avons un peu de mal à trouver d'autres candidats à la faillite : Vijay Mallya ne montre pas de signes d'abandonner son investissement au sein de Force India, même si ses pertes ont atteint 40 millions de livres en 2009. Il y a peu de chances que Toro Rosso fasse faillite alors qu'elle a mis en place les investissements lui permettant d'assurer elle-même le développement de son châssis. Surtout Red Bull souhaite s'en servir comme d'un laboratoire grandeur nature pour ses jeunes pilotes, comme le montre l'âge moyen de ses pilotes. Peter Sauber est parvenu à attirer de nouveaux partenaires un an après le rachat de l'écurie qu'il a fondé et ses 40 ans d'expérience automobile l'aideront à apporter de bonnes nouvelles bases à son écurie avant qu'il ne se retire.

Si Williams a pu connaitre quelques heures difficiles, Adam Parr semble confiant d'avoir su compenser la perte de sponsors, notamment avec l'arrivée des pétrodollars de Pastor Maldonado. Enfin, seul le nom de l'écurie qui s'appelle encore Renault F1 Team est encore en discussions mais la viabilité économique de la structure en tant que telle ne semble pas menacée. Il serait donc intéressant de citer de la part de Max Mosley quelles seraient ces deux ou trois équipes qui pourraient rapidement faire faillite...

Heureux de la défaite de Ferrari

Enfin l'ancien maître de la Place de la Concorde n'oublie pas de remettre un petit tacle appuyé sur son ennemi préféré : Ferrari. On se rappelle la charge au vitriol mené par la Scuderia juste avant le début de la saison, qui n'était pas restée sans lendemain. Le dénouement du championnat ne pouvait que plaire à Max Mosley, qui ne se prive pas de le dire : "Cela aurait donné au monde une nouvelle discussion désagréable quant aux consignes d’équipe. Je doute que cela aurait été bon pour la Formule 1. Donc, Dieu merci, nous parlons à la place de l’erreur de stratégie de la dernière course et non de savoir si Ferrari méritait vraiment le titre. C’est un problème de moins pour la Formule 1. Sebastian méritait de gagner et est, à tous les égards, un excellent champion du monde. Il est sympathique, décontracté et naturel, c’est donc une victoire pour la Formule 1 également."

Alors que Luca di Montezemolo compte s'engager en politique, nous verrons si cette dernière déclaration sera ignorée du côté de Maranello.

Publié dans FIA-FOTA-GPDA, Max Mosley

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