Luca di Montezemolo veut une gouvernance collégiale de la F1

Publié le par Matthieu Piccon

Ferrari---Bernie-Ecclestone--Luca-di-Montezemolo.jpgAlors que le traditionnel événement Wroom de Madonna di Campiglio n'a pas été reconduit pour 2014, Luca di Montezemolo a profité des fêtes de fin d'année pour rassembler la presse à Fiorano afin de donner sa vision de l'avenir de la F1. Pour lui, il sera nécessaire d'avoir plusieurs dirigeants pour remplacer Bernie Ecclestone.

La F1 telle que nous la connaissons aujourd'hui a été façonnée en grande partie par Bernie Ecclestone, qui est au coeur de toutes les discussions financières du sport. Néanmoins, à 83 ans, sa succession est de plus en plus au centre des pensées de tous les acteurs présents dans le sport.

Même si les différentes parties prenantes viennent de signer de nouveaux Accords Concorde, leur durée n'est pas non plus d'une durée illimitée. Pour le dirigeant de Ferrari, il n'est tout simplement pas envisageable de trouver un nouveau Bernie : "Je parle souvent avec Bernie Ecclestone : tant qu'il est là, il y aura une certaine forme de management. Mais quand, tôt ou tard, son temps sera écoulé et la structure changera également. Il n'y aura plus un numéro un mais une structure avec quelqu'un remplissant un rôle similaire à un PDG d'entpreise. C'est vrai que nous avons un engagement jusqu'à la fin de 2020 mais nous sommes déjà au début de 2014. Il ne reste donc pas tant de temps que ça..."

La nouvelle structure de management à la tête de la F1 pourrait prendre la forme d'un PDG, épaulé par un directeur technique et un directeur des affaires sportives et commerciales : "Je pense qu'après Bernie, qui est unique, il est nécessaire d'avoir une nouvelle gouvernance pour le sport. Bernie est Bernie, avec beaucoup de points forts et mêmes quelques points faibles, comme pour nous tous. J'espère pour lui qu'il pourra rester encore longtemps mais ce n'est pas un problème seulement pour aujourd'hui. Nous devons discuter le plan de succession parce qu'au bout du compte, c'est notre business. Ce n'est pas la question de mettre après Bernie un Rob, un Jon ou un Mario. La question est de savoir comment on l'approche. Vous devez prendre en compte les problèmes commerciaux, les droits télé et où courir."

Pour Luca di Montezemolo, il n'y a aucun intérêt à aller dans des pays sans passion pour la F1 puisque s'il n'y a pas de fans qui se déplacent dans les tribunes, les écuries ne sont pas en mesure d'agir avec eux. Une remise à plat des destinations du calendrier serait également à revoir afin de s'assurer que la nouvelle génération s'intéresse également à la F1 : "Je suis fatigué d'aller sur des courses au milieu de nulle part où il n'y a pas de public. Quelles relations avons-nous avec le public ? Cela fait plusieurs années que nous parlons de nouvelles technologies et ce que nous pouvons faire pour améliorer le spectacle mais il n'y a aucun doute que les jeunes garçons aiment moins les voitures et la F1. L'une des raisons, mais pas la seule, est que les courses sont devenues plus difficiles à suivre. Nous devons travailler avec les médias, la télévision, la radio, la presse écrite et Internet pour trouver quelle est la bonne démarche. Tant que Bernie est là, Bernie le sait. Il est intelligent mais parfois il est un peu trop conservateur. Mais il est Bernie et je n'accepterai jamais qu'à la place de Bernie, on trouve un seul homme, Luca di Montezemolo ou quelqu'un d'autre. Nous devons créer un groupe de gouvernance où il y a un PDG et quelqu'un chargé des sports automobiles mais les sports automobiles ne signifient pas réglementations. Cela signifie de nombreuses voies qui participent."

Les commentaires du président italien quant à la place de la F1 sur les médias traditionnels et sociaux ne sont pas sans rappeler ce que pouvait dire Adam Parr lorsqu'il était encore à la tête de Williams : "L'histoire que nous avons pour créer une audience mondiale, la qualité des images télévisées, la direction de course, qui est une tâche très difficile, est incroyable. C'est de classe mondiale. Ce que je crois, c'est que les médias sociaux, Internet et même la télévision payante se sont tellement développés au cours de la dernière décennie que nous devons changer de perspective. Non seulement de la façon dont nous communiquons avec les gens et comment nous distribuons notre contenu mais également de manière économique si possible."

Un nom qui revient de plus en plus souvent pour occuper un poste de PDG de F1 est celui de Ross Brawn. En effet, le Britannique a déjà tout connu en F1 : les titres de champion du monde en tant que directeur technique (Benetton et Ferrari), puis de propriétaire et team manager (Brawn GP). Il vient de quitter ses fonctions au sein de Mercedes, où Toto Wolff et Niki Lauda prennent davantage d'importance en tant qu'actionnaires de l'écurie. Sa proximité avec la FIA (où Jean Todt a été réélu en tant que président) et de grandes écuries (Ferrari, Mercedes...) contribue également à un éventuel dossier de candidature.

En attendant que Ross Brawn sorte éventuellement de son congès sabbatique, Luca di Montezemolo propose que l'ensemble des écuries se rassemblent autour d'une même table pour discuter de l'avenir de la F1 et prendre les décisions qui sont les meilleures pour le sport puisque ce qui est bon pour le sport doit être bon pour ses participants : "Je pense qu'il es temps que nous asseyons tous autour de la table avec les autres équipes afin de discuter de l'approche générale de la Formule 1 et, avec cela en tête, je veux organiser une réunion dans la seconde moitié de janvier, ici à Maranello. Je veux discuter de manière constructive, en ne discutant pas du tout de compétition mais en mettant en avant des propositions de manière transparente, sans accords de dessous de table. Il devrait y avoir davantage de dialogue entre les équipes lorsqu'il s'agit de discuter des problèmes affectant la Formule 1."

Le manque d'unité des écuries de F1 a, en effet, permis à Bernie Ecclestone de maîtriser totalement la chaîne de valeur de la F1, dans laquelles les fonds d'investissements actionnaires obtiennent une plus grande part des bénéfices que les écuries. Cela laisse donc des écuries, pourtant compétitives comme Lotus, être en fortes difficultés financières alors que la F1 ne s'est jamais aussi bien portée commercialement. Mais Luca di Montezemolo est-il prêt à remettre en cause le droit de veto de son écurie sur l'avenir de la F1 ou son pourcentage spécial, négocié grâce à son statut de plus vieille écurie du plateau ?

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article