Les ventes sont en baisse à Silverstone

Publié le par Matthieu Piccon

Silverstone - inauguration WingAprès le cauchemar qu'a été l'édition 2012 et les succès qui s'enchainent pour Sebastian Vettel, les fans britanniques semblent être moins enclins à se rendre à Silverstone cette saison.

Silverstone est une étape à part dans le calendrier de la F1. En premier lieu, elle est l'épreuve qui dispose du plus long contrat puisque le sien court jusqu'en 2026. Mais surtout le circuit est au coeur de la Motorsport Valley, avec les sièges de la majeure partie des écuries à proximité plus ou moins immédiate. Il concentre donc les passions des amateurs britanniques.

Mais l'édition 2012 a été un cauchemar pour l'organisation. En effet, des pluies diluviennes ont conduit à des coulées de boue sur les parkings et campings aux alentours. Pour que les installations restent praticables le lendemain, pour la course, les organisateurs ont été contraints de mettre en place une mesure exceptionnelle : inciter des milliers de détenteurs de billets pour les qualifications à ne pas se rendre sur le circuit ! Cela a créé un chaos automobile, avec des bouchons de plusieurs heures pour accéder au circuit. Un pilote de GP2, pris au coeur du désastre, a même été contraint d'appeler l'organisation pour qu'on aille le chercher en scooter de l'organisation afin d'être sur le circuit en temps et en heures !

Ces mesures se sont révélées être fructueuses puisque la foule des grands jours étaient présentes sur le circuit dès 7 heures du matin le lendemain ! Au total, 127.000 spectateurs se sont massés autour du circuit. Néanmoins, les remboursements ont coûté la bagatelle d'un million de livres sterling, ce qui n'a pas empêché le circuit de réaliser un bénéfice pour cette édition, grâce à sa police d'assurance.

Lors d'un rassemblement de la presse spécialisée, les dirigeants locaux ont donc tenu à assurer que tout avait été mis en place pour que ce genre de choses ne se reproduise pas à l'avenir : "Ce qui a eu lieu l'an dernier est sans précédent. Lors des dix années précédentes, la météo a été relativement bonne et nous avons eu de superbes Grand Prix. Nous devons donc remettre les choses en perspective. Mais, cependant, nous ne pouvons pas nous reposer sur nos lauriers. Ce qui nous est arrivé l'an passé a servi de sonnette d'alarme et nous avons dû mettre en place beaucoup de choses pour que les gens passent un bon moment en 2013. Nous avons appris l'an dernier que nous devons aller encore plus loin. Ce type de conditions météorologiques, aussi extrêmes soient-elles, ne peuvent être prévisibles. Cela pourrait donc arriver de nouveau. Evidemment, ce que nous avions avant n'a pas permis de faire face et nous avons donc passé beaucoup de temps et d'efforts sur le sujet."

Pour l'édition 2013, les ventes de billets ne sont pour l'instant pas à la hauteur des espérances, ce qui explique surement la tenue même de ce point presse. L'expérience passée l'an passé n'aide certainement pas mais les intérêts britanniques sont également menacés par les victoires continues de Sebastian Vettel (déjà deux victoires en quatre courses) alors que les pilotes britanniques Jenson Button et Lewis Hamilton sont actuellement en retrait : "Ce que nous constatons actuellement est une combinaison  de ce qui s'est passé l'an passé avec la météorologie et probablement le fait que Vettel marche un peu trop bien, de manière un peu trop régulière. Donc les ventes de billets ne sont pas aussi bonnes que l'an passé mais pas de beaucoup. Cela nous aiderait de faire un peu plus."

En effet, Silverstone appartient toujours au BRDC, l'association des pilotes de course britanniques, et ne reçoit pas de subventions publiques. Il est donc essentiel que chaque événement soit un succès commercial. Pour ce faire, les entrées doivent être le plus élevées possibles puisqu'elles constituent l'unique source de revenus pour les circuits laissés par les contrats négociés avec Bernie Ecclestone. Depuis quelques année déjà, le BRDC cherche donc à nouer un accord avec d'autres investisseurs afin d'assurer l'avenir du circuit. Si le Qatar a longtemps été pressenti comme un investisseur potentiel, la transaction ne s'est pas concrétisée.

Stuart Rolt, le président du conseil d'administration du BRDC, a ainsi commenté ce processus de recherche de partenaires : "Le processus d'investissement est en route depuis un long moment et c'est frustrant pour nous. Nous avons quelque chose de vraiment spécial à offrir aux gens mais il y a en ce moment quelque chose appeler la récession. Les investissements dans la propriété de terrain sont devenus très difficiles et en dehors de Londres, c'est encore plus difficile. Nous l'avons appris. Nous insistons aussi sur le fait de discuter avec des gens qui veulent maintenir un fort niveau de sports automobiles à Silverstone. Nous ne pouvons pas être entourés ou être aux mains de gens qui enlèveraient ces caractéristiques à Silverstone. Nous aimerions clôturer cela cette année."

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