Les négociations de Lotus avec Quantum sont rompues

Publié le par Matthieu Piccon

Lotus---Eric-Boullier--Gerard-Lopez.jpgAprès des mois d'interrogation, Gérard Lopez a confirmé que les négociations pour entrer au capital de Lotus par le consortium Quantum étaient désormais définitivement rompues. Il en a profité pour clarifier la situation financière de l'écurie.

Lotus est au coeur des discussions économiques de la F1 dpuis des mois. En effet, si l'écurie est parvenue à réaliser de belles performances en piste (notamment deux victoires avec Kimi Raikkonen en 2012 et 2013), elle fait face à d'importantes difficultés financières. Ainsi le constructeur Lotus ne verse plus rien pour être le sponsor-titre de l'écurie, une situation qui semble tout de même contenter les propriétaires de l'écurie puisque ce nom semble ouvrir des portes, comme le montre les accords passés avec des multinationales comme Unilever, Microsoft ou Coca-Cola.

Fin des négociations avec Quantum

Néanmoins, cela crée un problème de trésorerie pour l'écurie puisque Genii Capital n'a pas vocation à remettre sans cesse au pot pour assurer le financement de l'écurie. C'est pourquoi le fonds luxembourgeois est parti à la recherche de nouveaux partenaires financiers pour alléger sa propre charge. En juin, il pensait avoir touché au but en annonçant la cession de 35% de l'écurie à Infinity Racing, rapidemment renommé Quantum. Malgré une intense campagne de communication de la part de son représentant, Mansoor Ijaz, les fonds ne se sont jamais matérialisés, comme le confirme aujourd'hui Gérard Lopez à Auto Motor und Sport : "Le déficit budgétaire de la saison dernière a été de nouveau couvert par nous. L'argent de Quantum n'est jamais arrivé. Nous avons maintenant annulé l'accord."

Une dette importante mais en interne

L'homme d'affaires détaille également la dette avec laquelle l'écurie doit faire face, comme avait pu le faire son directeur marketing, Stéphane Samson, lors d'une rencontre exclusive à Silverstone. A l'heure actuelle, le modèle de la dette de Lotus est le même que celle d'un pays comme le Japon : elle est importante mais elle est détenue en interne : "Nous avons autour 114 millions de livres sterling de dette, dont plus de 80 millions de dette qui nous appartient. Pourquoi allons-nous exiger le remboursement de ces dettes à notre propre équipe ? Cela n'a aucun sens. Nous l'avons fait parce que c'est, pour nous, fiscalement intéressant, et parce que nous n'avons pas une marque qui pourrait se mettre en avant en tant que sponsor. Nous avons fait passé la somme déposée en dépenses de marketing. L'argent est assis dans notre société, et il va bien et en sécurité. Pour le moment, il est important que l'équipe aille de l'avant. J'ai le temps pour couvrir les coûts. Sinon j'aurais dû mettre à pied 250 personnes."

La fuite des cerveaux

Gérard Lopez et ses associés ont ainsi décidé de gérer les priorités en ne versant pas le salaire de Kimi Raikkonen afin de privilégier le versement des factures de fournisseurs et du reste des employés de l'écurie. Devant les incertitudes sur l'avenir de l'écurie, le champion du monde 2007 a alors décidé de quitter  l'écurie qui l'a fait revenir en F1, au profit de Ferrari. Gérard Lopez affirme aujourd'hui que la situation va se normaliser dans les mois à venir : "Il a  déjà reçu une partie de l'argent et il va également recevoir le reste."

Mais le départ de Kimi Raikkonen n'a été que le premier d'une longue série, avec de nombreux ingénieurs décidant d'aller se mettre au service d'autres employeurs alors que les rumeurs de faillite se faisaient de plus en plus pressantes. Cependant, le propriétaire de l'écurie y voit surtout une volonté de couper dans les effectifs puisque les ingénieurs ne sont plus obligés de travailler sur trois projets à la fois afin de préparer la révolution technique de 2014 : "L'année dernière, nous avons partiellement travaillé sur trois projets en même temps. Dans l'ensemble, nous sommes arrivés à 580 personnes. Maintenant nous pouvons nous concentrer sur la voiture de 2014 et nous pouvons nous contenter d'être aux alentours de 500. Nous avons perdu certains ingénieurs au profit de la concurrence. Mais nous avons également recruté cinq nouveaux ingénieurs. De Red Bull, Ferrari et Mercedes. C'est le carrousel de la Formule 1. Il fonctionne selon le principe darwinien : la survie du plus fort. Bien sûr, des idées partent à la concurrence, mais nous apprenons avec nos recrues, ce qui se passe chez les autres."

Le contrat avec Renault

Pour remplacer Kimi Raikkonen, l'écurie a fait le choix de privilégier une solution financière avec Pastor Maldonado que le seul talent avec Nico Hülkenberg. L'argent apporté via PDVSA permet ainsi de boucler le budget de l'écurie et d'assurer son avenir. La dernière question qui reste en suspens est celle de son motoriste. A deux semaines des premiers essais, il est évident que l'écurie d'Enstone va poursuivre avec Renault. Néanmoins, aucune confirmation officielle n'a encore eu lieu. La raison est que les discussions se poursuivent autour du prix que l'écurie va devoir verser : "Nous prenons le moteur Renault et nous avons longtemps travaillé pour obtenir le contrat idéal. Lotus n'est pas seulement un client chez Renault. Nos ingénieurs ont contribué à développer le KERS. Par conséquent, nous avons essayé de mettre d'accord pour qu'il y ait plus qu'une simple livraison de moteur. Cela a un peu ralenti les négociations ."

Gérard Lopez ne manque ainsi pas de souligner que c'est lui qui a racheté l'écurie au moment où Renault, empêtré dans le Crashgate de Singapour, voulait se désengager de l'écurie qui portait son nom. Une baisse du prix à payer pourrait être offerte avec une plus grande visibilité du nom Renault sur les monoplaces Noir et Or. Cela pourrait permettre à Renault de mettre en avant la marque de luxe de Nissan, Infiniti, avec Red Bull et sa propre marque avec Lotus.

En attendant, il justifie que son écurie ait décidé de ne pas se rendre aux essais de Jérez par le fait que le circuit espagnol n'est pas sufissament représentatif des circuits de la saison, surtout d'un point de vue température. Surtout qu'il pourra bénéficier de toutes les améliorations que Renault va décider grâce au retour d'expérience des essais des autres écuries motorisées par le Losange (Red Bull, Toro Rosso et Caterham)...

Publié dans Lotus, Genii Capital, Quantum

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