Les écuries de Formule 1 tardent à payer leurs fournisseurs

Publié le par Matthieu Piccon

Force India - Norbert Haug, Vihay MallyaLes écuries de Formule 1 sont de plus en plus de véritables entreprises. Comme beaucoup d'homologues, lorsqu'elles éprouvent des difficultés de liquidités, elles tentent de jouer sur le délai avec lequel elles payent leurs fournisseurs. C'est ainsi qu'elles règlent leurs factures avec près de 28 jours de retard en moyenne.

C'est la conclusion de l'étude menée par Dun&Bradstreet et publiée dans l'édition dominicale du Daily Mail. L'une des premières conclusions est que le retard moyen a quadruplé entre la période décembre 2009-avril 2010 et celle d'avril 2010-novembre 2010 puisqu'il est passé de 7 à 28 jours. L'une des raisons principales de cette augmentation est les restrictions budgétaires votées chez les sponsors, qui fragilisent l'es écuries.

Mais cette moyenne (comme toutes les moyennes) cache de fortes disparités. Ainsi les ressortissants de l'empire Red Bull sont les plus fiables vis-à-vis de leurs partenaires. Ainsi Red Bull Racing est parvenu à ne plus avoir le jour de retard qu'elle avait en moyenne au début de l'année tandis que Toro Rosso n'a toujours aucun retard de paiement de ses fournisseurs. Cet élément est donc un signe de plus de la solidité financière des deux établissements.

Au troisième rang, on peut trouver la surprenante Virgin Racing, qui verse ses paiements avec "seulement" une semaine de retard (8 jours). L'écurie sponsorisée par Richard Branson va pouvoir renforcer sa solidité capitalistique avec l'entrée au mois de novembre dernier du constructeur russe dans son capital, ce qui lui permettra peut-être d'améliorer encore ce score.

Autre écurie surprenante au quatrième rang puisqu'il s'agit de Williams. Pourtant l'écurie de Grove a régulièrement fait l'objet d'articles par rapport à sa santé financière, notamment avec le départ de quatre sponsors qui apportaient une contribution globale de 28 millions de livres sterling. Cela l'a conduit à voir la durée de ses retards de paiement augmenter de 50% pour atteindre neuf jours.

Derrière, nous retrouvons les plus gros budgets de la Formule 1 : avec le changement de propriétaire chez Renault, le délai de paiement est passé de 5 à 14 jours. Pour assurer le développement de ses monoplaces, l'écurie a mis en place différentes stratégies : demande (refusée) d'avances sur les droits télévisés qui lui sont dû, puis contraction de deux prêts pour 21 millions d'euros auprès de la banque lituanienne Snoras Bank, dont le logo a fait son apparition sur les flancs des monoplaces de Robert Kubica et de Vitaly Petrov.

Le diagnostic est encore moins bon du côté de Ferrari, qui était le plus mauvais élève dans la première période étudiée avec 16 jours. Les fournisseurs de l'écurie de Maranello ont connu une toute petite amélioration de leur situation puisque l'équipe italienne a réduit d'un jour son retard. Quant à McLaren, la dégradation se poursuit avec un passage de 14 à 17 jours.

Au fonds de la classe, on retrouve Force India alors que l'écurie anglo-indienne est détenue par le millardaire Vijay Mallya. Ce qui fait dire à un des fournisseurs de l'écurie : "Si Vijay vendait son yacht, l'écurie pourrait vivre deux ans." Mais le milliardaire ne semble pas disposé à mettre en cause son confort personnel au profit de son, écurie. Celle-ci règle donc ses factures avec un retard qui atteint 30 jours.

Mais Team Lotus fait encore moins bien puisque son retard moyen atteint 180 jours, soit 6 mois de retard ! Pour une écurie qui n'existe que depuis un an, cela parait déjà énorme. Cela ne doit donc pas créer un sentiment de confiance optimal chez Renault, nouveau fournisseur moteur de l'écurie. Reste à savoir si les avocats et communicants employés dans la bataille médiatico-judicaire avec Group Lotus sont logés à la même enseigne que les autres fournisseurs...

Nous ne sommes pas en mesure de juger de la situation au sein d'HRT et de Sauber puisque Dun&Bradstreet n'a pas eu accès à ces informations. Si l'avenir de l'écurie suisse ne semble pas menacé à court terme, celui de l'espagnole est beaucoup plus préoccupant comme le montre l'arrêt des discussions avec Toyota Motorsport suite à des impayés...

Publié dans Le business de la F1

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