Les circuits s'unissent pour peser politiquement

Publié le par Matthieu Piccon

HRT - Bruno Senna et drapeaux (2)Après les tentatives des équipes et des sponsors présents en Formule Un, une autre force importante du monde de la F1 a décidé de s'unir pour pouvoir parler d'une même voix : les circuits ont décidé de lancer la Formula One Promoters Association.

La prise d'initiative mise en place l'an passé par Ron Walker, le patron du Grand-Prix d'Australie.  La prise d'initiative mise en place l'an passé par Ron Walker, s'est donc concrétisée par une association formelle. A l'époque, il avait pris la parole au nom de 17 circuits afin d'annoncer que ceux-ci refusaient la possibilité d'avoir des moteurs quatre cylindres, au motif que cela nuirait fortement au bruit de ces moteurs et donc au plaisir des spectateurs massés dans les tribunes du monde entier. Ils avaient donc clairement faits savoir qu'ils seraient prêts à aller jusqu'à quitter la discipline, au profit de l'IndyCar.

A l'époque, il avait fait savoir que 17 promoteurs lui avaient donné leur pouvoir pour s'opposer à la nouvelle réglementation lors du vote du Conseil Mondial : "C'est la première épreuve de force que les promoteurs ont eu avec la commission et elle comprend parfaitement où nous en sommes. La proposition du Conseil Mondial a, pour la première fois, galvanisé tous les promoteurs, y compris Monaco. Ils m'ont donné leur droit de vote pour que je vote contre le moteur. 17 circuits m'ont donné leur droit de vote. Les seuls qui ne m'ont pas autorisé de voter en leur nom sont la Corée et la Chine."

Selon les informations de The Independent, les différents promoteurs ont donc désormais décidé de formaliser cette alliance en créant la FOPA, dont le siège est situé à Genève (comme la FOTA) et qui est dirigée par Ron Walker. Cette démarche est largement soutenu par Silverstone, dont le président, Neil England, a déclaré : "Historiquement, nous avons manqué de coordination et la Formula One Promoters Association nous donne l'opportunité de l'avoir. Il y a de nombreuses questions d'intérêt commun et je pense qu'il est important que nous les exprimions."

Comme souvent, le timing de cette décision ne doit rien au hasard. En effet, les accords commerciaux de la F1 sont actuellement en négociations. Or les promoteurs sont la première source de revenus de la F1 alors qu'ils ne reçoivent, à l'heure actuelle, aucune contrepartie financière des bénéfices réalisés par la F1. S'ils sont unifiés, le tiers du 1,5 milliard de dollars de chiffre d'affaires est tout à fait significatif pour Bernie Ecclestone. D'autant plus que Ron Walker est un homme d'affaires très habile et un ami proche de Bernie Ecclestone, ce qui en fait donc un interlocuteur de choix pour ce dernier.

Les circuits actuellement en F1 bénéficient également d'un argument de poids : ils ont peu de remplaçants potentiels. En effet, selon un document de la FIA rapporté par Pitpass, peu d'autres circuits bénéficient de l'homologation de première catégorie de la FIA. A l'heure actuelle, seuls les circuits de Dubai, Fuji, Imola, Magny-Cours, Mugello, Paul Ricard et le Red Bull Ring disposent du précieux sésame, ce qui ne constitue pas forcément une grande menace pour les circuits existants. Ceuxi-ci peuvent donc faire jouer leur effet de groupe de manière beaucoup plus importante que les écuries, qui peuvent facilement être remplacées par les jeunes pousses du GP2.

Les circuits se sont inspirés des écuries qui se sont regroupées afin de parler d'une voix unie. Depuis lors, elles se sont de nouveau déchirées, avec le départ de deux poids lourds, Ferrari et Red Bull, ce qui diminue largement son champs d'influence. Or il semblerait qu'elles soient tout de même parvenues à obtenir une partie plus importante que les 47,5% prévus par les Accords Concorde actuels.

Il faudra donc voir si la FOPA (à ne pas confondre avec la Formula One Photographers Association) durera plus longtemps que l'initiative mise en place par les écuries...

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