Lehman Brothers détient 15,3% de la F1

Publié le par Matthieu Piccon

Red Bull - départSi l'on doutait encore que la F1 était au coeur d'enjeux financiers mondiaux, en voilà une nouvelle preuve : la banque Lehman Brothers en détient toujours 15,3%, plus de trois ans après sa faillite. Elle s'est engagée à les céder dans les deux ans à venir, afin de rembourser ses créditeurs.

La faillite de la banque d'affaires américaine en 2008 avait provoqué le déclenchement de la crise économique et financière dans laquelle le monde se trouve toujours. Selon les informations du Guardian, parmi les nombreux actifs qu'elle comptait à son bilan se trouvait donc cette participation de 15,3% dans Delta Topco, la holding qui contrôle la Formule Un, ce qui en fait le second plus gros actionnaire, derrière CVC Capital.

Cette prise de participation avait été permise par une autre faillite, celle du conglomérat des médias Kirch. En effet, la banque avait accordé un prêt à l'actionnaire d'alors de la F1, qui n'avait été en mesure de le rembourser en 2002. L'institution financière s'était donc retrouvée propriétaire des actions détenues par Kirch. En 2006, lors de la prise de contrôle par CVC Capital, Lehman avait vendu ses actions avant de faire volte-face. Ainsi elle avait apporté 550 millions de dollars pour un prêt total de 2,8 milliards de dollars utilisé par le fonds d'investissement pour acheter la discipline.

Evidemment, lorsque Lehman Brothers s'est également retrouvé sous le chapitre américain des faillites, CVC Capital avait voulu se saisir des actions dans la F1, au nom des statuts de Delta Topco qui obligent un actionnaire à vendre ses actions à un prix équitable s'il n'est plus en mesure d'honorer ses dettes. Néanmoins, les avocats de Lehman ont objecté qu'ils seraient en mesure d'obtenir davantage si ces actions étaient vendues séparemment. CVC accepta puisque les mêmes statuts de Delta Tepco stipulent que le fonds d'investissement dispose d'un droit de veto quant au nouveau propriétaire de ces titres détenus par Lehman Brothers. Il n'est donc pas envisageable qu'une entité non désirée au capital puisse entrer par la petite porte.

Se pose néanmoins la question de la valorisation de cette participation. En effet, le Guardian affirme qu'un haut responsable estime que Lehman Brothers pourra en tirer près de 1,5 milliard de dollars. Pour une participation de 15%, cela donne donc une valorisation totale de 10 milliards de dollars. Cette somme parait astronomique alors que l'avenir de la F1 est loin d'être clarifié. Il existe ainsi deux inconnues majeures quant au devenir de ce sport.

La première est que les nouveaux Accords Concorde n'ont pas encore été signés. Or ces accords sont ceux qui régissent l'ensemble des droits commerciaux liés à la F1, avec la répartition entre les différentes parties prenantes. Même si, comme d'habitude, les équipes ne vont certainement pas avancé en ordre serré puisque leur association, la FOTA, a volé en éclat avec le départ de Ferrari et Red Bull. Cependant, elles seraient peut-être en mesure d'obtenir davantage que les 50% consentis actuellement par Bernie Ecclestone. Cela diminuerait donc d'autant les revenus revenant aux actionnaires, ce qui diminue mécaniquement la valeur de ces actions.

La seconde inconnue est évidemment la succession de Bernie Ecclestone, qui atteint 81 ans. Cette transition paraît d'autant plus confuse depuis la démission récente de David Campbell, qui avait été nommé à la tête d'Allsport, la structure qui gère le Paddock Club et l'affichage au bord des pistes. Lors de sa nomination en décembre 2010, il était alors pressenti pour devenir l'éventuel successeur du grand argentier de la F1.

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