La Corée veut renégocier son contrat avec Bernie Ecclestone

Publié le par Matthieu Piccon

Red-Bull---Mark-Webber--Yeongam.jpgAlors que le deuxième Grand-Prix de Corée s'est déroulée dans des conditions plus habituelles que la première édition, les promoteurs cherchent à obtenir une baisse de ses versements à Bernie Ecclestone afin que l'épreuve soit viable d'un point de vue économique.

C'est ce que déclare Won-Hwa Park, le dirigeant nommé pour effacer les erreurs de la précédente organisation, dans une interview accordée à Autosport. Ainsi lorsqu'on lui demande si être rentable sur le long terme est lié au prix de son contrat avec le grand argentier de la F1, le dirigeant coréen répond clairement : "C'est correct. C'est pourquoi nous voulons avoir des discussions approfondies avec M.Ecclestone. Nous avons besoin de sa coopération." Il estime ainsi que le contrat initial a été fixé à un prix trop élevé : "Dans un sens oui."

En effet, la facture s'élève à près de 60 millions d'euros, dont plus de 40 pour les seuls droits d'organisation et droits télévisés. Lobjectif des hommes de Won-Hwa Park a donc été de clairement limiter ses dépenses au maximum afin de ne pas subir trop la grogne de la population locale : "Mon objectif principal est de réduire les dépenses autant que possible. C'est le plus gros problème. Certaines personnes dans la région sont contre la course parce que cela représente une importante perte financière d'accueillir et organiser l'événement. Ces citoyens, qui sont des agriculteurs pauvres, veulent que les fonds soient distribués à d'autres projets plutôt qu'utilisés pour cet événement peu populaire à l'heure actuelle."

Mais il s'agit là dans un processus sans fin : si les promoteurs ne communiquent pas autour de la course, peu de Coréens seront intéressés par la F1. Cela se traduira donc par une faible audience payante sur le circuit, ce qui augmente donc le déficit de l'épreuve. C'est pourquoi il est nécessaire de communiquer autour de l'événement mais cela représente un coût pour un retour sur investissement incertain : "Dans le même temps, je dois augmenter la notoriété des sports automobiles afin que les gens et les citoyens comprennent ce que nous faisons. Cela permettrait de convaincre de manière indirecte le gouvernement national. Les sports automobiles ne sont pas encore aussi connus ici qu'ils ne le sont dans d'autres pays développés."

Outre l'épreuve de F1 en tant que telle, il est également important de rentabiliser le circuit, qui représentent un investissement très important. Pour ce faire, la solution est d'accueillir d'autres épreuves mais également de faire venir des constructeurs automobiles et des manufacturiers pour qu'ils effectuent des essais de développement. Le circuit est aidant en cela par le fait que la Corée dispose d'un groupe automobile de rang mondial, Hyundai-Kia : "Nous voulons essayer d'utiliser le circuit autant que possible, de l'utiliser pour des courses nationales et internationales. Nous avons prévu d'accueillir au moins deux événements internationaux  l'an prochain (l'Asian Festival of Speed, F3 et le Super GT japonais) et peut-être un ou deux de plus. Mais principalement, il sera utilisé pour des courses nationales, pour le louer à des grandes marques automobiles comme Porsche et Hyundai et pour tester des pneumatiques. Nous avons besoin de plus de demande du circuit, tant d'intérêts nationaux qu'internationaux."

Le circuit de Yeongam s'inscrit dans un plan de développement plus vaste dont il ne sera qu'une partie au coeur de l'Automotive Valley que la région veut mettre en place afin de sortir de son économie rurale actuelle. C'est donc une véritable ville qu'il est prévu de construire autour du circuit, comme Abu Dhabi a pu le faire avec son circuit de Yas Marina. Mais les plans de développement de ce second volet sont pour l'instant en stand-by : "C'est en pause actuellement. Mais nous essayons de revivifier ce plan. Nous l'appelons désormais le second plan de développement de ce projet. Nous espérons qu'il sera financé par le gouvernement de la province mais le gouvernement de la province ne peut pas tout faire en même temps. Nous cherchons donc des investisseurs. S'ils étaient étrangers, ça serait beaucoup mieux."

Il y a donc une forte volonté locale pour conserver cette épreuve, ce que garantit normalement le contrat actuel qui se termine en 2016. Reste maintenant à résoudre l'équation économique...

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