Jules Bianchi remplace Luiz Razia chez Marussia

Publié le par Matthieu Piccon

Sahara-Force-India---Jules-Bianchi-copie-1.jpgCa y est, c'est fait : la France aura quatre pilotes en F1 en 2013 puisque Jules Bianchi devient titulaire chez Marussia à la place de Luiz Razia, en difficulté avec ses sponsors brésiliens.

Comme nous le pressentions dès hier, Nicolas Todt, le manager du Français, n'a pas tardé à faire le forcing auprès d'une autre écurie lorsque Sahara Force India s'est enfin décidé à confier son second baquet à Adrian Sutil. En effet, il était bien au courant des graves problèmes financiers auxquels Luiz Razia était confronté, qui l'ont privé de roulage lors des essais de Jerez et de Barcelone.

Nous étions confortés dans nos convictions par les propos tenus hier par Graeme Lowdon, le directeur de l'écurie, auprès de Sky : "C'est la nature de la Formule 1. C'est rempli de compétiteurs. Comme on dit, si vous restez sur place, vous reculez. Ce genre de rumeurs est tout à fait compréhensible. De notre point de vue au sein de l'équipe, c'est notre métier de prendre les bonnes décisions pour l'équipe et cela comprend les pilotes. Cela comprend donc de prendre la bonne décision concernant nos pilotes. Même si nous avons de très bonnes relations avec nos deux pilotes, ce n'est pas inhabituel de voir ce genre de rumeurs. Je suis sûr que c'est déjà arrivé et que cela arrivera encore. C'est la nature de la Formule 1."

La porte était donc plus qu'ouverte et Jules Bianchi s'est engouffré dedans, comme le souligne John Booth, le directeur de l'écurie anglo-britannique : "Nous nous sommes retrouvés dans la situation où nous avons dû mettre fin à notre contrat avec Luiz Razia. Puisque nous avons toujours été clairs quant à la base sur laquelle nous devons opérer en 2013 et que nous avons mis en place les étapes nécessaires pour mettre en place cette nouvelle structure, nous n'avions pas d'autres choix que de rester en ligne avec les principes que nous avons identifié comme essentiels pour assurer notre futur sur le long terme. Nous pouvons désormais nous concentrer sur le reste de notre programme d'essais et nous préparer pour ce qui s'annonce comme une saison prometteuse pour notre équipe."

Lors de ces négociations expresses, le jeune Niçois disposait des mêmes arguments que ceux présentés à Sahara Force India : l'important soutien de Ferrari. Or Marussia est d'ors et déjà à la recherche d'un moteur pour 2014 puisque Cosworth n'a pas les moyens financiers pour développer le nouveau V6 turbo. Ferrari, qui risque de perdre Toro Rosso comme client au profit de Renault, est donc à la recherche de nouveaux clients. La Scuderia pouvait donc offrir une réduction sur la facture à venir en échange de la participation de Jules Bianchi à la saison 2013.

Ce dernier ne manque ainsi pas de souligner l'importance de son soutien de longue date : "Je suis ravi d'avoir obtenu un baquet en course avec le Marussia F1 Team. Courir en Formule 1 cette saison a été mon objectif pendant l'hiver. Après avoir étudié un certain nombre d'options, j'ai hâte d'avoir l'opportunité de montrer que je suis prêt pour la prochaine étape dans ma carrière. Je remercie la Ferrari Driver Academy qui m'a toujours soutenu et m'a offert la possibilité de murir en tant que pilote, ce qui me permet d'être complètement prêt pour ce nouveau challenge excitant."

En effet, Ferrari ne peut se permettre de prendre le risque de mettre un pilote débutant en F1 dans un de ses baquets. Après une saison en tant que troisième pilote chez Sahara Force India, ce qui lui a permis d'accumuler les kilomètres lors des essais du vendredi matin, il va donc désormais pouvoir s'acclimater aux courses de F1 dans un climat plus serein que Maranello. Il faut ainsi se rappeler que c'est cette stratégie qui avait été adoptée avec Felipe Massa, également managé par Nicolas Todt. Le Brésilien avait ainsi passer trois saisons chez Sauber, motorisée par Ferrari, avant de rejoindre Michael Schumacher chez les Rouges.

Cette nomination de Jules Bianchi en tant que titulaire est amplement méritée quand on regarde son palmarès : champion de Formule 3, troisième deux saisons de suite en GP2 et vice-champion de Formule Renault 3.5 (après avoir été sorti lors de la dernière course par son rival pour le titre, Robin Frinjs). Il arrive donc avec un bagage amplement plus rempli que beaucoup d'autres pilotes en F1, à commencer par son nouveau coéquipier Max Chilton. Si le Britannique a réussi à finir quatrième de GP2 l'an dernier, ce n'était qu'après deux saisons où il a terminé 25ème et 20ème.

Il est ainsi intéressant de noter que la France n'aura jamais eu autant de pilotes au départ d'un Grand Prix depuis celui de Grande-Bretagne 1995, où Bertrand Gachot (Pacific), Olivier Panis (Ligier), Jean Alesi (Ferrari) et Jean-Christophe Bouillon (Sauber) étaient les représentants tricolores. Pourtant, c'est cette année que la France bascule vers la télévision payante, avec la victoire de Canal+ dans l'appel d'offres lancé par la FOM...

That's the nature of Formula One, it's filled with competitive people and if you stand still you go backwards it's often said. That kind of speculation is completely understandable, from our point of view within the team it's our job to make the right decision for the team and that includes the drivers. It includes making the right decision for the drivers - we've got a very good relationship with both of the drivers - so it's not unusual to see this kind of speculation."

When it was put to Lowdon that it wouldn't be unusual to see a driver replaced before the first race he replied: "I'm sure it's happened before and I'm sure it'll happen again. That's the nature of Formula One

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