Jarno Trulli s'en prend aux pilotes payants

Publié le par Matthieu Piccon

Team-Lotus---Jarno-Trulli-copie-1.jpgMême s'il a officiellement un contrat pour la saison prochaine, Jarno Trulli ne manque pas une occasion d'expliquer pourquoi un pilote avec de l'expérience (comme lui) est une option préférable à celle des pilotes payants (qui pourraient lui prendre sa place chez Caterham).

La cible de Jarno Trulli est toute trouvée : Vitaly Petrov. En effet, le pilote italien a déclaré à La Repubblica : "Certaines équipes sont petites. Pour survivre, elles doivent compter leur argent. Elles sont donc obligées de louer leurs baquets. C'est une décision économique mais de mon point de vue, cela ne vaut pas le coût."

C'est ainsi qu'il s'en prend à la décision prise par son ancien employeur Renault, de finir la saison avec deux pilotes disposant d'un confortable matelas financier : "Regarder ce qui s'est passé chez Reanult : tant qu'ils avaient Kubica, un bon pilote capable de tirer le meilleur de la voiture, ils étaient considérés comme des outsiders. A partir du moment où Robert était sur la touche, ils étaient terminés. Petrov n'était pas capable de mener l'équipe et la voiture et Senna a montré qu'il n'était pas assez bon. Nick, avec son expérience et malgré le fait de n'avoir disputé que la moitié de la saison, a été capable de marquer presque autant de points que Petrov. Donc maintenant ils essayent de corriger le tir en se remettant à Raikkonen, qui n'est pas un rookie, et Grosjean, qui a monté les échellons. Ces temps-ci, c'est une question de survie, une approche différente est donc nécessaire. Mais dès que votre ambition grandit un peu, cette approche devient perdante, selon moi."

Il est intéressant que Jarno Trulli prenne l'exemple de chez Renault. En effet, lorsqu'il a été recruté Vitaly Petrov avait clairement pour objectif d'apporter de l'argent nécessaire au développement de la voiture, qui serait assuré par Robert Kubica. Néanmoins, cette stratégie a échoué à cause de l'accident de rallye du pilote polonais. L'écurie a alors pris la décision de se tourner vers un autre pilote d'expérience, Nick Heidfeld.

Elle n'a ensuite décidé de se passer des services de l'Allemand qu'à partir du moment où le développement de la monoplace avait pris un tel coup dans l'aile avec l'interdiction des échappements soufflés, la principale innovation technologique de l'écurie, qu'il était désormais important de sécuriser des fonds pour préparer 2012, ce qui a conduit à la nomination de Bruno Senna. C'était une décision d'autant plus logique que l'écurie était fermement accrochée à sa cinquième place du championnat du monde des constructeurs. Avec le recrutement de champion du monde 2007 et du champion GP2 en titre, l'écurie a clairement affiché ses ambitions, surtout que la nomination de Romain Grosjean a certainement coûté le dédit du contrat dont disposait Vitaly Petrov pour 2012.

Mais outre le manque d'expérience des pilotes payants, Jarno Trulli trouve qu'il manque du fighting spirit nécessaire des pilotes qui doivent faire leurs preuves pour continuer : "Ce n'est pas une règle mais il est vrai que ceux qui payent sont moins habitués à souffrir. Ils sont moins déterminés. Lorsque vous montez les échellons, en tant que jeune homme, vous vous retrouvez plusieurs fois dans des conditions qui vous obligent à gagner. Soit vous obtenez le résultat demandé, soit vous n'avez pas de seconde chance. Je m'en souviens très bien. J'étais un enfant et faisait du karting. Mon père est venu me voir avec l'expression la plus sérieuse que je ne lui ai jamais vue et m'a dit : "Jarno, c'est ta dernière chance. Nous avons un châssis, quatre roues et un moteur. Nous avons cette course mais nous ne pouvons pas aller au-delà." La seule chose que je savais était que je devais gagner, qu'importe les conditions. Ma carrière n'est allée de l'avant que grâce à cette victoire."

Néanmoins, tous les pilotes payants ne sont pas pour autant de mauvais pilotes. Le meilleur exemple en date est celle de Sergio Perez. Lorsque le Mexicain a été nommé chez Sauber, beaucoup sous-entendaient que cette place n'était liée qu'aux dollars apportés par son sponsor, Telmex. Il a pourtant prouvé qu'il avait toute sa place en F1, en étant très proche de son coéquipier, Kamui Kobayashi. En tant que pilote de la Ferrari Driver Academy, il fait clairement partie des candidats pour obtenir le baquet de Felipe Massa à l'issue de la saison 2012...

Mais les déclarations de Jarno Trulli ne sont peut-être liées qu'aux faits que les deux pilotes qu'ils citent (Vitaly Petrov et Bruno Senna) sont précisément sans volant pour la saison prochaine et qu'ils pourraient faire le forcing auprès des dirigeants de Caterham pour qu'ils se passent d'un vieux pilote cher (aux alentours de deux millions de dollars), qui n'a pas prouvé grand chose au cours de la saison passée...

Publié dans Caterham, Jarno Trulli

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