Genii Capital cède 35% de Lotus à un fonds d'investissement

Publié le par Matthieu Piccon

Lotus---Genii-Capital.jpgCela fait des mois que Gérard Lopez affirmait qu'il était prêt à ouvrir le capital de Lotus à d'autres investisseurs. C'est désormais chose faite avec la cession de 35% du capital de l'écurie au fonds d'investissement Infinity Racing.

A première vue, cette cession pourrait surprendre les amateurs de F1 en voyant un nom se rapprochant étrangement du sponsor-titre de Red Bull, filiale de Renault et Nissan. Il n'en est rien puisque l'orthographe du nom n'est pas la même et l'écurie établit son nouveau co-propriétaire comme étant "un consortium d’investissement, formé d’investisseurs privés comprenant un manager de fonds spéculatif américain, un groupe multinational basé à Abou Dhabi et les intérêts de la famille royale d’un grand pays producteur de pétrole."

Joe Saward, l'une des références du paddock en matière d'économie, nous révèle qui sont ces personnes ainsi désignées. Le plus gros actionnaire d'Infinity Racing, avec 60% du capital, est une entreprise basée à Brunei, dont le sultan est l'une des plus importantes fortunes mondiales. Les passionnés de la Scuderia Ferrari pourront ainsi se rappeler qu'Asprey, un géant britannique de la bijouterie de luxe, a été un sponsor de Ferrari dans les années 1990 lorsqu'il était détenu par un des frères du sultan.

Néanmoins, 70% des actions préférentielles de l'entreprise sont détenues par l'investisseur américain Mansoor Ijaz. Comme ce sont ces actions qui apportent les droits de vote au conseil d'administration, c'est donc lui qui contrôle effectivement l'entreprise, même s'il n'en détient que 20%. Le solde du capital et des actions préférentielles est détenu par le fonds d'investissement basé à Abu Dhabi, Al Manhal International. Celui-ci est spécialisé dans le secteur de l'énergie. Cela signifie donc que la présence de Brunei a simplement pour objectif d'être actionnaire passif, le risque financier engendré étant très limité pour un Etat où le sultan dispose d'une collection de voitures estimée à cinq milliards de dollars !

Gérard Lopez, le président de Lotus F1 Team, a ainsi commenté cette annonce : “Les dirigeants d’Infinity Racing possèdent une expertise exceptionnelle et une compétence reconnue dans le développement et la réalisation de technologies de haute qualité. Ce partenariat va nous permettre d’accroitre l’avantage compétitif de Lotus F1 Team lié à la technologie du KERS, puisqu’il devient un pivot de l’effort de la Formule 1 dans le sens d’une compétition plus ouverte à l’environnement. Cela rendra aussi Lotus F1 Team plus attractif sur le marché en tant que marque et ouvrira des opportunités pour de nouveaux sponsors majeurs.”

Il est intéressant de noter qu'un focus tout particulier soit accordé au KERS alors que cet élément n'est pas produit par l'écurie mais par son motoriste, à savoir Renault à l'heure actuelle. Cette tendance sera d'autant plus vrai l'an prochain lorsque le nouveau bloc moteur sera équipé de deux systèmes de récupération d'énergie. Cela peut s'inscrire dans les cadres de projets de développements d'Al Manhal, qui dispose de projets dans les sports automobiles, notamment Al Manhal Green Motor Sports. Ce projet a pour objectif de remédier au problème posé par les véhicules sportifs électriques : l'absence de bruit !

Du point de vue de l'écurie, l'arrivée de nouveaux investisseurs va se traduire par l'arrivée d'argent frais, nécessaire après une perte de 56 millions de livres sterling sur l'exercice 2012. Elle devrait donc permettre à l'écurie de compenser l'absence de sponsor-titre (Lotus ne verse plus aucun fonds à l'écurie depuis la saison 2012) et donc de disposer des fonds indispensables si elle souhaite conserver son rang de prétendante au titre mondial. Ceci constitue un argument essentiel pour garder l'un de ses principaux actifs, Kimi Raikkonen. Sans une voiture capable de se battre pour la victoire, le Finlandais pourrait décider d'aller voir ailleurs, notamment chez Red Bull.

Les mois à venir seront donc essentiels pour l'avenir immédiat et de moyen terme de l'écurie.

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