CVC cède 21% de la F1 pour 1,6 milliard de dollars

Publié le par Matthieu Piccon

Paddock Magazine - Bernie Ecclestone, Donald-MackenzieAlors qu'une cotation à la Bourse de Singapour semble de plus en plus probable, CVC Capital a décidé de vendre 21% de la F1 à un autre consortium de fonds d'investissements pour la somme d'1,6 milliard d'euros. Cela valorise la discipline à plus de neuf milliards de dollars.

La vente a été effectuée auprès du consortium Waddell & Reed Financial, Norges Bank Investment Management et surtout BlackRock, l'un des plus gros fonds d'investissements au monde. Cela augmente donc la main-mise des financiers sur le capital d'une discipline qui renforce encore son statut de cash machine.

Donald Mackenzie, un des partenaires du fonds d'investissement vendeur, commente ainsi cette session : "C'est une grande nouvelle pour la Formule 1 et une étape importante pour son développement. CVC est devenu l'actionnaire majoritaire de la Fomule 1 en 2006. Depuis lors, nous avons soutenu l'entreprise et son management puisqu'ils ont fait progresser l'entreprise avec beaucoup de succès. Le renfort de ces trois grands investisseurs est la validation de ce succès et nous avons hâte de travailler avec nos nouveaux partenaires dans les années à venir."

Néanmoins, cette vente avant une potentielle introduction en Bourse pose un certain nombre de questions. En effet, pourquoi des investisseurs aussi reconnus que ceux cités prennent-ils le risque d'investir une telle somme dans une entreprise dont l'avenir économique est encore loin d'être assuré ? Ainsi l'annonce d'aujourd'hui réduit la marge de manoeuvre de CVC et, par voie de conséquence, de Bernie Ecclestone dans leurs négociations avec les écuries pour les nouveaux Accords Concorde.

Or Mercedes a clairement fait savoir que les termes proposés ne lui convenaient pas. Le constructeur allemand va pouvoir accentuer la pression dans les discussions puisque, désormais, s'il ne parvient pas à obtenir des termes satisfaisants, il pourra quitter la discipline. Si cela devait se produire, la valeur de la F1 en serait fortement impactée puisque la firme à l'étoile fournit en moteur trois écuries, dont la sienne. Cela est également vrai pour le reste des écuries majeures, Ferrari, McLaren ou Red Bull.

Cela aurait un impact non négligeable sur CVC puisque le fonds dispose d'encore 40% de la F1, ce qui fait qu'il conserve son rôle d'actionnaire principal. Il semblerait que ses dirigeants aient estimés que l'accord actuel leur permet de confirmer la valorisation affichée de dix milliards de dollars. Mais le risque peut paraître quelque élevé dans la situation actuelle...

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