Conférence de presse des directeurs d'équipes de Budapest

Publié le par Matthieu Piccon

McLaren - Martin Whitmarsh, Jenson ButtonBusinessF1, en partenariat avec Fan-F1.com, est présent à Budapest et vous fait vivre la conférence de presse du vendredi avec Andrew Green (Force India), Luis Perez Sala (HRT), Rémi Taffin (Renault Sport F1), Martin Whitmarsh (McLaren) et Toto Wolff (Williams).

Andrew, commençons par vous. Tout d’abord, quels sont les rivaux les plus proches de Force India et où espérez-vous être en fin de saison ? A quelle position ? Qui sont vos cibles ?

Andrew Green : En fin de compte, tout le monde en piste est notre rival. A l’heure actuelle, nous visons la sixième place, ce qui est un objectif réaliste pour nous. Cela va être difficile. Les voitures devant nous sont très, très compétitives. Cela va donc être très exigeant et nous allons devoir pousser comme des fous, comme nous le faisons toujours. C’est le plan et nous verrons où nous finissons. Jusqu’à présent, nous avons marqué plus de points que l’an dernier à la même époque et nous en sommes plutôt contents. Si nous marquons de plus en plus de points à chaque fois, nous allons monter dans la hiérarchie. Mais il y a des équipes devant nous qui ont marqué de gros résultats et sont montés sur le podium et cela nous place derrière eux. Le tout est de faire mieux et d’ici à la fin de la saison, nous espérons être devant. C’est le plan.

Qu’en est-il des développements ? Quels développements envisagez-vous à l’avenir ?

A. G. : C’est une période délicate. Nous avons apporté notre dernière évolution majeure à Silverstone. Nous n’avons pas pu les évaluer à cause de la pluie. Au-delà de ça, il s’agit d’optimiser ce que nous avons, connaître ce que nous avons et le faire fonctionner au maximum. Le développement se concentre désormais sur l’année prochaine. Pour une équipe de notre taille, nous ne pouvons pas nous permettre de développer beaucoup plus la voiture au-delà de cette période de l’année. Il s’agit donc vraiment d’optimiser ce que nous avons.

Cela allait être la question suivante. Quand allez-vous concentrer sur le développement de l’année prochaine ?

A. G. : Cela fait longtemps que c’est fait.

Donc la plupart des réflexions sur le design des équipes sont concentrées là-dessus ?

A. G. : A partir de maintenant, oui, cela a changé.

Rémi, tout d’abord, expliquez-nous votre rôle chez Renault F1 ?

Rémi Taffin : En gros, je travaille sur la piste en tant que responsable des opérations. Je suis donc responsable de tout ce qui a trait aux moteurs sur la piste. Comme vous le savez, nous fournissons des moteurs à quatre équipes. Lors d’un week-end de course, je m’assure qu’il y ait des recouvrements entre ces quatre équipes afin d’assurer que les moteurs Renault soient bien utilisés dans toutes les voitures tout en essayant de maintenir la confidentialité nécessaire.

Evidemment, le grand sujet ici est la cartographie. Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que cela signifie et quel avantage vous tirez lorsque vous effectuez un changement ? De quelle manière est-ce fait ?

R. T. : Nous ne parlons pas de gros changements. Nous parlons d’un processus permanent, qui, évidemment, tend à optimiser notre package course après course. Les cartographies moteurs en font partie et c’est ce que nous avons essayé de faire depuis le début de l’année. Lorsque vous parlez de cartographie moteur, c’est quelque chose que tout le monde fait dans la pitlane. Ce n’est donc pas quelque chose d’inhabituel.

On parle bien de logiciels… Quelqu’un y a fait référence en tant que « gadget ». Est-ce que vous pouvez nous expliquer cela ?

R. T. : Prenons l’exemple de la cartographie moteur dont nous parlions. En gros, il s’agit du couple que le moteur peut fournir pendant le week-end, par exemple ici. Et c’est là que l’on peut le plus jouer sur les moteurs Renault. C’est ce qui établit ce que nous avons comme couple dans la voiture.

Quand on parle de Red Bull, quel changement de performance a été provoqué par cette modification ?

R. T. : C’est difficile à quantifier mais disons que nous parlons de centièmes de secondes et pas du tout de secondes ou de dixièmes de secondes. Nous savons tous que nous allons travailler sur chaque partie de la voiture pour gagner des centièmes. Ca fait donc partie de notre travail.

Martin, évidemment, vous avez eu une évolution récemment. Mais de quelle manière avez-vous été affecté par la météo ? Nous avons eu de la pluie à Silverstone, de la pluie à Hockenheim et nous avons eu de la pluie ici aussi. Comment cela vous gêne-t-il dans votre développement ?

Martin Whitmarsh : C’est évidement difficile puisque nous ne faisons plus d’essais. SI vous apportez tout un ensemble de modifications sur une voiture, le vendredi matin est notre seule séance d’essais. Si c’est mouillé, cela handicape nos essais. Je pense que nous avons fait des progrès et nous allons continuer à en faire. Nous avons eu un package relativement grand de modifications en Allemagne et nous avons quelques unes ici aussi. Nous ferons ce que nous pourrons. Nous avons eu beaucoup de pluie lors des essais cette saison. Cela serait agréable si nous pouvions avoir des conditions sèches afin que les ingénieurs puissent travailler plus aisément. Mais c’est la même chose pour tout le monde. A des degrès divers, tout le monde essaye de développer et d’améliorer sa voiture et cela fait partie du challenge. Des fois, vous avez énormément de données et vous pouvez aller de l’avant en toute confiance. Des fois, vous devez prendre une décision avec un nombre limité de données. D’un côté, cela est plus intéressant : les ingénieurs n’aiment pas ça mais c’est plus intéressant quand vous devez faire un peu au hasard.

Vous devez être vraiment content de la manière dont cela s’est passé pour Button en Allemagne et également avec Lewis qui est le plus rapide des deux séances d’aujourd’hui.

M. W. : Oui mais vous n’êtes pas ravis tant que vous ne marquez pas le maximum de points. Je pense que nous avons fait des progrès. Il est très difficile de prévoir le championnat cette année. C’est dominé par les pneumatiques. Ceux qui arrivent à faire fonctionner les pneus… Vous pouvez travailler très dur sur la voiture mais si vous ne parvenez pas à faire fonctionner les pneumatiques vous aurez des problèmes. Nous l’avons vu trop souvent sur notre voiture et nous l’avons vu sur d’autres voitures. C’est un gros challenge pour tout le monde. Je pense que cela va être un championnat très intéressant. Il faut reconnaitre un grand mérite à Fernando et Ferrari pour ce qu’ils ont fait mais nous sommes encore 430 sur le pont et je suis sûr que nous et Red Bull et toutes les autres équipes sommes en train de faire de notre mieux pour reprendre l’avantage.

Jenson a eu des difficultés récemment. Vous devez donc être ravis de la façon dont il a rebondi en Allemagne.

M. W : Oui, évidemment. Lorsque vous êtes un pilote de course et un pilote de course pour une équipe comme McLaren ou Ferrari, on vous observe beaucoup. C’est très différent : vous pouvez être un rookie dans d’autres équipes et avoir de la pression parce que vous êtes en Formule Un. Mais je pense que si vous êtes chez McLaren, peu importe qui vous êtes, idem chez Ferrari ; tous les ans, si vous ne vous qualifiez pas sur les deux premières lignes de la grille, il va y avoir beaucoup d’enquêtes là-dessus et beaucoup de pression qui en ressort. Je ne pense pas que Jenson ait perdu ses capacités, il a eu une très belle victoire cette année. Il est très, très en forme, très, très impliqué et j’ai été ravi de le revoir en forme et je suis sûr qu’il sera fort cette semaine.

Toto, tout d’abord, vous avez un nouveau rôie chez Williams. Qu’est-ce que cela signifie ?

Toto Wolff : Formellement, j’ai un nouveau titre mais, en fait, ce poste n’est pas vraiment nouveau. Je fais le même travail depuis deux mois, après le départ d’Adam. En gros, il s’agit d’aider Frank à gérer l’équipe au quotidien.

Vous êtes un investisseur et avez cette nouvelle fonction. Où est-ce que vous voyez l’équipe dans cinq ans ? Quel est votre plan pour l’emmener encore plus loin ?

T. W. : Mon approche a un peu changé. J’ai été un investisseur avant, ce qui est le plus facile puisque vous pouvez critiquer et mettre votre nez partout. Maintenant, je suis officiellement un employé de l’entreprise, du moins je travaille pour l’entreprise. Je dois donc fournir des résultats également, je fais partie de l’équipe. Où est-ce que je vois l’équipe ? Lorsque je suis arrivé en 2009, je me suis donné cinq ans pour progresser. Maintenant, c’était juste une période au hasard, cela me paraissait bien. Nous avons gagné une course cette année, ce qui est venu plutôt rapidement, peut-être plus tôt qu’anticipé mais je pense que l’équipe est sur les rails d’un point de vue technique et sur les rails pour les autres départements commerciaux également.

A travers cet engagement, vous devez également avoir un avis sur le sport dans son ensemble. Comment voyez-vous le sport progresser ?

T. W. : Le sport, la Formule Un, est toujours la plus grande plateforme sportive mondiale et il continue de grandir. Sa croissance est forte et saine. Evidemment, vous pouvez toujours améliorer et optimiser les choses mais c’est une plate-forme mondiale fantastique et c’est ce qui était derrière mon investissement dans une équipe de Formule Un.

Luis, l’équipe semble avoir progresser. Comment les jugez-vous ?

Luis Perez-Sala : Nous sommes plutôt satisfaits parce que le début de la saison a été très, très difficile. Avoir une voiture prête à temps était presque un objectif en tant que tel. Depuis la première course où nous ne nous sommes pas qualifiés, nous avons progressé. Nous avons un nouveau quartier général à Madrid depuis le 1er avril. Je dirais que l’équipe est en train de travailler pour s’habituer aux courses et nous devons encore faire croitre l’équipe d’un point de vue design et aérodynamique.

Comment se passe cette croissance ? D’un point de vue économique, est-ce facile de faire croitre l’équipe dans ce domaine ?

L. P.-S. : Le problème lorsque vous êtes justes financièrement (nous avons peut-être le plus petit budget des équipes de Formule Un), vous avez besoin de plus de temps pour croitre car vous ne pouvez pas faire ce que vous voulez. Vous devez être prudents mais je pense que nous en avons assez pour être une bonne équipe et rester. C’est pour cela que nous sommes là. Nous essayons de progresser mais nous devons être réalistes. Cela va nous prendre du temps.

Est-ce qu’il est facile pour vous de progresser ? Est-ce que vous cherchez à recruter des ingénieurs et des designers partout dans le monde ? Est-ce facile de recruter des gens pour venir travailler à Madrid ?

L. P.-S. : Ce n’est pas difficile. C’est l’un des avantages de la crise : vous avez plus de monde sur le marché et nous pouvons les trouver. Le problème est qu’il n’est pas facile de trouver les bonnes personnes pour travailler chez HRT. Des fois, il n’est pas facile de savoir qui sont les personnes-clés. Mais nous sommes là et nous avons beaucoup d’entretiens d’embauche. Doucement, doucement, nous grandissons. Nous embauchons des gens. Même si nous voulons rester une petite équipe, je pense que si nous optimisons notre recherche, nous pouvons nous améliorer et être plus proches des premiers rangs.

De notre envoyé spécial à Budapest

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