Ce que la Nascar peut apprendre à la F1

Publié le par Matthieu Piccon

McLaren - Lewis Hamilton, Tony StewartSi la F1 se réclame comme le summum des sports automobiles mondiaux d'un point de vue technologique et de l'audience mondiale, il y a un certain nombre de domaines où elle peut apprendre des autres, en particulier de la Nascar.

La présence dans les films et séries

Cette reflexion s'est cristalisée de manière quelque peu improbable : M6 a décidé de remettre à l'antenne sa série américaine The Glades. Le rapport avec le sujet préféré de votre site d'informations sur l'actualité économique de la F1 ? Dans l'un des épisodes diffusés cette semaine, le héros se retrouve impliqué dans une histoire qui implique... une équipe de Nascar.

La Floride accueille la première et la dernière épreuve de la saison, avec les 500 miles de Daytona et le final de la saison à Miami. C'est dans le cadre de cette seconde course que l'épisode se déroulait. Mais la Nascar et ses équipes ont décidé de pleinement jouer le jeu de cet épisode puisque pas moins de trois pilotes actuels de la discipline prenne activement part au scenario. Ces pilotes n'étaient pas des inconnus puisqu'il s'agissait du triple champion Tony Stewart, du double vice-champion Carl Edwards et du prometteur Joey Logano.

Quand a-t-on vu des pilotes du calibre de Michael Schumacher, Sebastian Vettel ou Lewis Hamilton dans une série ou un film à une heure de grande écoute ? Pourtant, la Nascar a également réussi à créer un film entièrement tourné autour de son histoire : Cars. Cette franchise est devenue l'une des plus rentables de Disney, ce qui ne manque donc pas de générer des retombées financières pour la discipline. Mais surtout, ce genre d'animation permet de créer un lien affectif avec les plus jeunes générations, qui sont les fans de demain...

Le merchandising

L'intérêt de séduire les jeunes générations est qu'elles ont tendance à vouloir ressembler à leurs héros préférés, qu'ils soit réels ou imaginaires. La Nascar a donc mis en place toute une série de produits dérivés (en tête desquels les vêtements) aux couleurs tant du sport en tant que tels que de ses pilotes ou de ses événements majeurs (Daytona 500, Indianapolis...).

Afin de maximiser les revenus tirés de ces produits dérivés, la Nascar a mis en place deux canaux de vente séparés : le premier est évidemment les camions présents sur chacune des 36 courses de la saison. Comme l'immense majorité des circuits du calendrier sont des ovales, ces camions de vente se trouvent juste à l'extérieure de la zone payante, ce qui permet de toucher un public beaucoup plus large que les seuls spectateurs du F1 Village.

Le second canal de vente est évidemment Internet. La Nascar a ainsi mis en place une section réservée à cet effet sur son site internet afin de profiter de l'important trafic naturel qu'il génère. La même stratégie est utilisée sur sa page Facebook officielle, qui compte plus de 3 millions de fans. Afin de maximiser les revenus de ce canal, la Nascar a préféré s'associer avec un spécialiste du secteur puisqu'il est, en réalité, une filiale commerciale du géant de l'ecommerce eBay. C'est pourquoi le site propose des mises aux enchères sur des produits qui vont de la carte spéciale Saint-Valentin aux couleurs d'un pilote à cinq dollars au package VIP pour une course, qui peut dépasser les 1500 dollars.

Les partenariats officiels

Un autre aspect où la Nascar est loin devant la F1 est celui des partenaires officiels du sport. Leur nombre en F1 ext extrêmement limité à l'heure actuelle puisque seuls Allianz, DHL, LG et UBS sont dans cette catégorie tandis que DHL, les champagne Mumm, Rolex et Tata Communication font partie des fournisseurs officiels de la F1. Le coût estimé d'un tel contrat s'élève généralement aux alentours de 30 millions de dollars.

A l'inverse, la Nascar a noué des partenariats avec un nombre impressionnant de partenaires dans quasiment tous les domaines : banque (Bank of America), boissons non alcoolisées (Coca-Cola), bière (Coors Light), peinture (DuPont), batteries (Exide), chocolat et barres chocolatées (Mars), voire les équipements agricoles (New Holland) et les camping cars (Camping world) ! On retrouve même l'écurie de F1 McLaren, qui fournit l'injection directe à l'ensemble du plateau depuis la saison 2012. A n'en pas douter, les revenus tirés de l'ensemble de ces partenariats sont supérieurs aux 174 millions d'euros que la F1 a su générer par ce biais au cours de la saison 2011.

Ainsi si la F1 génère près de 1,2 milliard d'euros par saison, son potentiel de croissance est donc bien plus grand que la seule addition de nouvelles épreuves au calendrier, qui arrive au bout des possibilités physiques des différents participants. Mais surtout la Nascar est parvenue à mettre en place un business modèle où tous les intérêts sont alignés puisque la famille France, qui détient la Nascar, est également propriétaire de la moitié des circuits sur lesquelles le sport se produit. Dans ces conditions, il est peu étonnant que les circuits récupèrent 65% des revenus générés par le sport, qu'ils doivent certes redistribuer aux écuries via les primes de participation et de résultats.

Dans le même temps, CVC s'est accordé un dividende d'un milliard de dollars, pour des retombées nulles pour le sport...

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