Bonus de 180 millions de dollars accordé aux écuries

Publié le par Matthieu Piccon

Red Bull - Mark Webber, départ MonacoLes grands patrons ne sont pas les seuls à recevoir des bonus très importants. Ainsi les écuries de F1 vont également bénéficier d'une belle gratification financière pour ratifier les nouveaux Accords Concorde.

Ceux-ci étaient au coeur des discussions lors du Grand-Prix de Monaco. L'accord obtenu par Bernie Ecclestone en mars dernier a été obtenu grâce à un versement exceptionnel de 180 millions de dollars accordé aux écuries. Elles devraient recevoir 75% de cette somme dès cette année.

Selon des informations du Guardian, ce bonus unique n'est que le préalable à une augmentation des revenus accordés aux écuries de manière pérenne, année après année. En effet, la répartition des revenus sera légèrement revu en faveur des écuries.

En effet, il est important pour Bernie Ecclestone et CVC de sécuriser un accord offrant une stabilité sur plusieurs années afin d'attirer les investisseurs lors de l'introduction en Bourse qui est prévue dans les mois à venir. La première étape de la mission a été réussie puisque CVC a été en mesure d'obtenir 1,6 milliard d'euros de la part de trois autres fonds d'investissement pour 21% de Delta Topco.

Une source proche du dossier explique ainsi les changements provoqués par le nouvel accord : "L'accord actuel paye les équipes à hauteur de 50% et quelques extras, ce qui signifie qu'elles reçoivent environ 59%. Le nouvel accord est quasiment 60% plus quelques extras, ce qui fait un total d'environ 63%." Ces 10% d'augmentation représentent une augmentation significative des revenus puisqu'il faut se rappeler que les profits de la F1 ont atteint 1,17 milliard de dollars au cours de l'année 2011. Selon le grand argentier de la F1, cela signifie qu'en moyenne "les équipes vont recevoir 70 millions de dollars en plus" chaque année.

Néanmoins, comme toute moyenne, celle-ci cache de fortes disparités puisque l'augmentation totale de la redistribution des profits ne va pas toucher toutes les écuries de la même façon. En effet, la base de répartition générale (celle qui concerne les fameuses dix premières écuries du championnat constructeurs) reste identique à 47,5% des profits. Néanmoins, les trois premières équipes des trois dernières saisons vont également se répartir 7,5% supplémentaires. Et Ferrari est parvenu à monnayer son héritage historique avec une garantie de 5% supplémentaires (par rapport aux 2,5% précédemment accordés), ce qui permet d'atteindre les 60% évoqués.

Les écuries disposent d'une clause de sortie de cet accord, qui s'étend jusqu'en 2020, si les revenus devaient passer en-dessous de 715 millions de dollars par an. Néanmoins, avec les clauses d'augmentation annuelle d'au moins 10% intégrée dans les contrats des différents circuits, il y a très peu de chance que cette clause ne soit exercée un jour.

D'autant plus que le promoteur de la F1 est même parvenu à obtenir une nouvelle augmentation du nombre maximum de courses par saison, actuellement limité à 20. Il a ainsi déclaré : "Nous avons de la flexibilité pour aller au-delà de 20 courses. Il y a 4 ou 5 endroits qui attendent de faire quelque chose." Il est donc fort probable que deux ou trois nouvelles courses fassent leur apparition dans les années à venir, à commencer par le New Jersey en 2013 et la Russie en 2014. Il faut dire que les frais versés par les organisateurs sont la principale ressource financière de la F1, avec une contribution totale de 500 millions de dollars sur 1,5 milliard de chiffre d'affaires. Plus de courses signifie donc plus de frais versés et plus de publicité au bord des circuits.

Sur ce point de vue également, les écuries vont obtenir davantage de poids puisque Bernie Ecclestone devra obtenir l'accord de la majorité parmi les trois meilleures équipes des quatre dernières saisons afin de faire passer le nombre de courses à plus de 20 par saison ou si plus de 60% des épreuves devaient se dérouler en dehors d'Europe ou d'Amérique du Nord.

L'ensemble de ces éléments expliquent la valorisation de la discipline, estimée à 10 milliards de dollars en cas d'introduction en Bourse. En effet, les investissements de la F1 ne dépassent pas les 10 millions de dollars par an et que sa masse salariale ne pèse que pour 50 millions de dollars. Les coûts, hors primes versées aux écuries, n'atteignent que 350 millions de dollars. Cela explique donc le milliard de bénéfices engrangé par la F1 l'an passé.

Dans ces conditions, on se demande pourquoi les écuries de F1 n'ont pas décidé de s'unir pour racheter la discipline alors que les retours sur investissements sont exceptionnels. Il est d'ailleurs intéressant de noter que John Elkann, le PDG d'Exor, le holding de contrôle de Fiat, ait déclaré que l'investissement aurait été trop important pour le holding. Or, lors de la même réunion d'actionnaires, il annonçait disposer d'un trésor de guerre de 500 millions à un milliard d'euros pour ajouter un cinquième pillier à la galaxie Agnelli à travers un investissement lourd.

Publié dans Le business de la F1

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