Bernie Ecclestone ne s'estime pas concerné par la justice américaine

Publié le par Matthieu Piccon

Force India - Bernie EcclestoneBernie Ecclestone a déclaré à la Cour suprême de l'État de New York que la plainte déposée contre lui par le fonds d'investissements Bluewaters ne le concerne pas puisqu'il n'y dispose d'aucune propriété et que les faits évoqués se sont produits en dehors des Etats-Unis.

Bluewaters estime avoir été lésé par les agissements de différents intervenants lors de la vente des droits commerciaux de la F1 à CVC Capital. Il valorise ainsi son manque à gagner à au moins 650 millions de dollars, somme qu'il espère récupérer devant les tribunaux new-yorkais.

Dans un document déposé auprès de la Cour suprême de l'Etat de New York, il expose toutes les raisons selon lesquelles la justice américaine en général et celle de Big Apple en particulier ne peut se prononcer sur un tel sujet. Il rappelle ainsi qu'aucune des discussions menées dans le cadre de la vente à CVC n'ont eu lieu aux Etats-Unis, ni n'implique de sociétés dont le siège social se situe sur le territoire américain.

Il détaille également l'ensemble de ses visites aux Etats-Unis. On apprend ainsi qu'il s'est rendu trois fois à New York dont deux fois pour négocier une éventuelle tenue d'un Grand Prix à New York ou dans sa région. Ce qui est intéressant est que ses déplacements remontent à mai 2008 et juin 2010 alors que l'officialisation de l'accord de 10 ans signé avec le New Jersey n'a eu lieu qu'en octobre 2011. Le grand argentier de la F1 ne s'était alors pas déplacé en personne malgré sa volonté pendant des années d'obtenir un tel emplacement. Par contre, il avait effectué en octobre 2010 le déplacement à Sotchi pour s'afficher aux côtés de Vladimir Poutine.

Outre cet exposé, il revient sur les faits concernés par la plainte. Il reconnait ainsi avoir touché une commission de 5% du prix de vente des actions détenues par Bayern LB et Bambino (le holding détenu par Slavica Ecclestone dont Bernie Ecclestone affirme n'avoir aucune emprise dans la gestion) à Alpha Prema UK, le véhicule de financement mis en place par CVC pour effectuer le rachat des droits de la F1. Cette commission a été versée afin de récompenser le fait qu'il ait mis en relation Donald McKenzie, le directeur de CVC Capital, avec les représentants de Bayern LB et de Bambino.

De plus, il reconnait de nouveau certains versements (estimés à hauteur de 44 millions de dollars) à destination de Gehrard Gribkowsky, le banquier allemand par lequel le scandale a éclaté. Néanmoins, il continue à nier qu'ils soient liés à la vente effectuée par Bayern LB puisqu'ils ont eu lieu plus de dix huit mois après la dite vente. Selon lui, la seule et unique raison de ses versements est la crainte que le banquier allemand fasse de fausses déclarations auprès du fisc britannique, qui auraient pu se conclure par des redressements fiscaux très importants pour lui. Le paiement effectué était donc la situation la moins coûteuse.

Il reste donc à voir si la justice américaine va juger recevable ce plaidoyer de l'argentier de la F1.

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