Bernie Ecclestone affirme n'avoir payé que 14 millions de livres

Publié le par Matthieu Piccon

Force India - Bernie EcclestoneUne semaine après la mise en examen de Gerhard Gribkowsky pour corruption, détournement de fonds et évasion fiscale, Bernie Ecclestone, dans le viseur du procureur de Munich, affirme qu'il n'a versé "que" 14 millions de livres sterling au banquier allemand et non 27, comme il l'avait déclaré auparavant.

De même, dans une autre de ses déclarations au rédacteur en chef de Pitpass, le grand argentier de la F1, il revient sur ses déclarations selon lesquelles il aurait versé cette somme sur des comptes situés à l'Ile Maurice et aux Iles Vierges britanniques. Désormais il affirme que ce versement a eu lieu sur un seul compte autrichien et que c'est l'avocat d'alors de Gerhard Gribkowsky qui aurait ensuite fait les virements vers les paradis fiscaux.

Par contre, il maintient qu'il ne s'agissait pas de corruption dans le cadre de la vente des droits commerciaux de la F1 mais bien d'un versement lié à un chantage. En effet, le banquier allemand aurait menacé de contacter le fisc britannique autour de la gestion du trust Bambino Holdings, où Bernie Ecclestone avait situé les actions de la F1. En effet, cette manoeuvre avait pour objectif de protéger sa femme Slavica au cas où il devrait mourir. Bernie Ecclestone et ses avocats avaient ainsi mis en place un montage financier à travers plusieurs entreprises et holdings : le 6 février 1996, 100% des actions qu'il détenait alors de la F1 à travers la F.O.C.A Administration (désormais connue sous le nom de Formula One Management ou FOM) ont été placées dans une entreprise nommée Petara. Mais celle-ci était elle-même détenue par une autre entreprise, SLEC (nom formé avec les deux premières lettres de Slavica Ecclestone). Le montage ne s'arrêtait pas là puisque SLEC était détenu par Bambino Holdings, qui devait assurer l'avenir financier de sa femme et de leurs deux jeunes enfants.

La raison pour laquelle la propriété a été transférée à Slavica Ecclestone est que celle-ci était de nationalité croate et n'avait pas vécu les 18 ans nécessaires pour être considérée comme résidente britannique. Dans ces conditions, elle aurait dû verser 40% des actifs reçus en héritage à la mort de son mari. Or, en 1999, l'ensemble des actifs de SLEC atteignait 2,4 milliards de livres sterling, ce qui serait donc traduit par un chèque au fisc britannique d'un milliard de livres sterling. Gerhard Gribkowsky a alors profité de la situation en affirmant qu'il pouvait faire une lettre selon laquelle c'était, en fait, Bernie Ecclestone qui contrôlait Bambino Holdings et que, donc, sa femme était redevable cette somme impressionnante. Suivant le conseil de ses avocats, il décida donc de payer 27 millions de livres sterling demandés par le banquier afin de ne pas prendre le moindre risque sur un éventuel contrôle fiscal, même s'il déclare ne rien avoir à cacher, et être contraint de verser une telle somme à sa mort.

Il affirme qu'il n'a pas dénoncé Gerhard Gribkowsky pour chantage pour la simple et bonne raison qu'il n'y avait aucune preuve matérielle que ce chantage ait eu lieu : "Vous avez besoin de témoins ou de quelqu'un qui dise "Je l'ai entendu demander" et quelqu'un qui va vous secouer ne sera pas assez stupide pour que cela n'arrive." Mais ce qui est encore plus étonnant est que Pitpass ait affirmé dimanche dernier que Bernie Ecclestone confirmait le chiffre de 27 millions de livres sterling avant de déclarer quatre jours plus tard que finalement la somme avait presque été divisée par deux... Quant aux 41,5 millions de dollars reçus lors de la vente, il a déclaré au Telegraph qu'il ne s'agirait que d'une commission de 5% reçue lors de la vente de la F1 et qui aurait été validée par le conseil d'administration de BayernLB. Dans ces conditions, pourquoi le parquet de Munich déclarait-il la semaine dernière : "Selon les résultats de l'enquête, il s'agit de l'argent sale, déguisé sous deux faux contrats de consulting à des entreprises basées à l'Ile Maurice et dans les Iles Vierges britanniques. Ces paiements n'auraient pas demandé s'ils ne s'agissait pas de corruption de l'accusé. La Bayerische Landesbank a subi une perte de presque 66,5 millions de dollars à travers la conduite de l'accusé." ?

Ce n'est donc qu'un nouvel épisode de cette affaire à rallonge, qui pourrait encore prendre davantage d'envergure puisque, selon les informations du Spiegel, une demi-douzaine de conseillers des deux hommes pourraient également être accusés.

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