BBC et Sky vont se partager la F1 de 2012 à 2018

Publié le par Matthieu Piccon

Red Bull - Jack Humphrey, David Coulthard et Eddie JordanLa BBC disposait d'un contrat d'exclusivité sur la F1 jusqu'à la fin de la saison 2013. Néanmoins, le plan de réductions des coûts imposés par le gouvernement de David Cameron a poussé la télévision publique à trouver un accord avec la chaîne payante Sky, avec qui elle partagera la moitié des Grand-Prix dès 2012.

Si l'on regarde un peu plus en détails l'accord en question, Sky obtient la diffusion de l'intégralité des séances d'essais et courses alors que la BBC va devoir se contenter de seulement la moitié des courses. Afin de ne pas se tirer encore davantage une balle dans le pied, la télévision publique conserve tout de même les courses aux plus fortes audiences, telles que Monaco, Silverstone et la finale du championnat.

Un tel accord ne pouvait que provoquer des réactions de la part des écuries, qui pourrait voir dans ce nouvel accord une infraction aux Accords Concorde, qui garantit que la F1 sera diffusée sur des chaînes gratuites, ce qui n'est pas le cas de Sky. Martin Whitmarsh, le team manager de McLaren, a ainsi déclaré à Autosport : "Ce que nous devons comprendre est : est-ce que la large audience dont nous bénéficions actuellement en F1 sera maintenue ? Je pense que nous devons également comprendre comment cela sera fait. Nous avons une série de protection au sein des Accords Concorde et la bonne chose à faire est d'explorer comment la Formule 1 sera couverte à l'avenir et prendre une décision dessus. Je ne sais pas combien de foyers au Royaume-Uni Sky a mais c'est une proportion assez large."

Une des explications pour une réponse si modérée de la part du directeur de la FOTA est que la baisse d'audience que le passage à la télévision payante peut être largement compensée par les revenus supplémentaires que les écuries recevront. En effet, le nouveau contrat, qui s'étend jusqu'en 2018, prévoit que les droits versés au total atteindront 60 millions de livres sterling avec Sky payant la plus large partie, de par l'étendue de sa couverture. Or la Beeb ne versait jusqu'à présent "que" 40 millions de livres sterling. Elle est donc en mesure de réduire significativement ses dépenses tout en maintenant un service minimum puisqu'elle fournira toujours des résumés des courses qu'elle ne couvre pas.

C'est donc cette augmentation des revenus qui sont retenus par Adam Parr, le président de Williams : "Pour que nous dessinions et construisions deux voitures que vous voyez sur la grille le dimanche, sans mettre un moteur dedans, sans mettre un pilote dedans, sans compter les 70 employés que nous emmenons à chaque course, sans tout cela, ces voitures nous coutent deux millions de livres sterling. Vous multipliez cela par toutes les voitures sur la grille et vous avez au minimum 24 millions de livres sterling de pirèces détachées pour une course. Ca fait partie du spectacle. Ce n'est pas un mec ou deux avec une raquette de tennis à zéro coût. C'est un sport très, très cher. La meilleure chose que nouis puissions faire pour les fans, qu'ils veuillent venir voir la course ou la regarder à la télévision, est de réduire les coûts sans détruire le spectacle."

Mais comme Sky ne prévoit pas de programme de pay-per-view pour chaque course, les fans britanniques devront donc payer l'intégralité du forfait mensuel, qui atteint tout de même 31,95£/mois. Mais pour ce prix, ils bénéficieront de courses sans coupures publicitaires, comme l'a assuré un porte-parole de la chaîne à Autosport : "Nous n'aurons pas de publicités pendant les courses. Nous savons qu'elles ont été très impopulaires dans le passé et nous n'allons pas prendre ce chemin." Les téléspectateurs britanniques avaient ainsi explosé de colère en 1997 lorsqu'une n-ième pause commerciale avait empêché de voir en direct Damon Hill prendre la tête du Grand-Prix de Hongrie sur une modeste Arrows. Si cela peut les rassurer, les téléspectateurs français ont toujours le droit à ces grands moments de montage grâce aux publicités que TF1 ne se prive absolument pas de mettre à tout bout de champs (après tout, qui cela intéresse-t-il de voir les changements de pneumatiques des leaders ?).

Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que de nombreux fans se tournent vers Internet et les sites de streaming, qui diffusent les courses en direct. Pour Adam Parr, qui est un grand défenseur des médias sociaux, c'est une réalité qui pourrait arriver plus tôt que prévu : "C'est une question d'équilibre mais il faut également reconnaître que le mode de diffusion des médias est en train de changer : il est possible que la prochaine fois, il ne s'agira pas de Sky parce que Google aura gagné l'appel d'offres et nous regarderons tous la F1 en direct sur Internet." YouTube a ainsi déjà payé des droits pour diffuser en direct des matchs de cricket en Inde...

Publié dans Media, BBC, Sky

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