Audiences de la F1 divisées par quatre en France

Publié le par Matthieu Piccon

Canal+ - équipe 2013Le Grand Prix d'Australie était le premier Grand Prix de F1 de l'ère Canal+ en France. Les audiences étaient donc très attendues. Résultat sans appel : en un an, elles sont passées de 1,6 million à 400.000 spectateurs.

Le choix effectué dans le cadre de l'appel d'offres mis en place par la FOM ne s'est clairement pas porté sur l'audience mais sur les revenus que les différentes chaines étaient disposées à payer. Clairement, TF1 ne pouvait/voulait pas continuer à assumer une dépense de 31 millions d'euros par saison.

C'est donc finalement Canal+, qui l'a emporté avec une mise annuelle de "seulement" 29 millions d'euros. Nonce Paolini, le PDG de TF1, reconnait auprès de l'association des journalistes médias que TF1 était moins disant sur son offre : "Le montant que nous avons mis était très inférieur à celui de Canal+. Economiquement, on ne pouvait plus s'aligner."

Si le PDG affirme n'avoir aucun regret d'avoir perdu la F1, il s'est sans doute consolé en regardant les audiences annoncées par son rival, quant à cette première épreuve du championnat : "Dimanche sur Canal+, la F1 a fait 400.000 téléspectateurs, contre 1,6 million sur TF1 l'an dernier pour le premier grand prix de Formule 1. On est très content que ce soit sur Canal+ car on savait que cela serait très bien opéré. Mais à 400.000 téléspectateurs, ça n'est pas plus rentable que sur TF1. Et on voit bien que le choix qui a été fait n'est pas celui de l'audience."

Néanmoins, on ne peut pas parler d'échec cuisant pour la filiale du groupe Vivendi. En effet, les enjeux et les stratégies commerciales des deux chaines sont complètement différents. Pour TF1, la rentabilisation de l'investissement en F1 ne pouvait passer que par les publicités diffusées pendant l'épreuve. Or pour Canal+, les audiences n'ont que peu d'impact puisque la chaine ne commercialise aucune publicité pendant l'épreuve. Ses revenus sont uniquement générés par les abonnements souscrits (40 euros par mois). Qu'il y ait 0 téléspectateur ou dix millions devant un même événement, les revenus de la chaine n'en sont pas affectés.

L'enjeu est donc de pouvoir proposer des contenus donnant envie de s'abonner ou de conserver son abonnement. C'est pourquoi la chaine, attaquée sur son marché historique par l'arrivée de BeIn Sport, se devait de contre-attaquer et de compenser la perte d'une partie du championnat de France. D'où l'investissement en F1... Pour Canal+, la rentabilité de l'investissement se mesurera au nombre d'abonnés attirés par ce nouveau contenu plutôt que par les audiences de chaque Grand Prix.

Publié dans Media, Canal+

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