Analyse des retombées financières du Grand-Prix du Canada

Publié le par Matthieu Piccon

Renault---Fernando-Alonso-Bienvenue-au-Quebec.jpgAujourd'hui, nous souhaitons vous faire partager la très intéressante analyse réalisée par nos confrères canadiens de La Presse Affaires sur les retombées économiques que peuvent attendre les différents investisseurs présents dans le tour de table permettant au Grand-Prix du Canada de faire son retour au calendrier de Formule 1.

Michel Girard nous rappelle les chiffres que nous avions évoqués en novembre dernier : Bernie Ecclestone demande 15 millions de dollars canadiens pour assurer la présence du Canada au calendrier 2010. Cette somme est partagée entre le gouvernement du Canada et l'organisme Tourisme Montréal (5 millions chacun), le gouvernement du Québec (4 millions) et par la Ville de Montréal (1 million). En échange, les trois échelons gouvernementaux perçoivent un peu moins d'un tiers (30%) des recettes de billeterie.

Un retour sur investissement important pour tous les investisseurs

Mais après, il avance les chiffres permettant aux responsables du projet d'affirmer que la venue de la Formule 1 est rentable. En premier lieu, le gouvernement fédéral obtient un bon retour sur investissement puisque pour cinq millions de dollars dépensés, 7,8 millions devraient rentrés sous forme fiscale : taxe sur les produits et services (3,1 millions), impôts des particuliers (2,9) et impôts des sociétés (1,8).

De même, les quatre millions de dollars d'investissement du Québec sont amortis puisque le gouvernement local peut compter sur 10,2 millions de recettes fiscales directement lié à l'événement grâce à la taxe de vente (4,6 millions), impôts des particuliers (3,3), fonds des services de santé (1,2) et  l'impôt sur les sociétés (1,1). L'effet de levier est donc encore plus important pour les responsables locaux.

Pas d'inquiétudes non plus pour la ville de Montréal, qui investit seulement un million de dollars canadiens, pour accueillir les centaines de milliers de spectateurs prévus (on parle du nombre record de 319.000 spectateurs pour 2010). Le ministre des Finances estime ainsi les retombées estimées à près de 90 millions de dollars puisque 40% des spectateurs attendus viennent en dehors du Québec, ce qui permet de remplir les différents hôtels de la ville. La ville peut également compter sur la location du circuit Gilles-Villeneuve qui lui appartient. Comme autre sources de revenus, on peut également évoquer l'augmentation du nombre d'utilisateurs des transports en commun et de frais de stationnement dans les rues...

Il est intéressant de noter que seulement 4% des spectateurs attendus viennent des autres régions canadiennes alors que 18% viennent du reste du continent américain et autant d'Europe et d'Asie. Les organisateurs comptent donc davantage sur les locaux pour remplir leurs tribunes que sur le reste de leurs compatriotes. Avoir été privés pendant une saison de Formule 1, les passionnés se sont rués sur les places mis en vente.

Toujours pas de sponsor-titre

Mais dans ce ciel bleu financier, il reste malgré tout quelques nuages. Le principal est l'absence de sponsor-titre. Alors qu'on pouvait penser qu'une multinationale québécoise, canadienne, voire nord-américaine aurait pu s'associer à l'épreuve, aucune n'a répondu à l'appel et il y a peu de chances que les organisateurs en trouvent un à moins de deux semaines du D-Day.

L'exemple canadien est donc la preuve que la Formule 1 peut être une activité rentable pour les différents Etats qui l'accueille. Mais en France, pourtant, il semble impossible de trouver une équation positive à l'organisation d'une épreuve. Certains diront que la France étant déjà la première destination touristique au monde, elle peut se passer de la couverture médiatique assurés par 350 membres de la presse internationale et la télédiffusion dans 140 pays...

Publié dans Circuits, Canada, Montréal

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