39 millions d'euros de perte pour Renault F1 en 2010

Publié le par Matthieu Piccon

Renault - Robert Kubica, Lewis HamiltonLa première année de Genii au capital du Renault F1 Team n'aura pas été une grande opération financière puisque l'écurie a enregistré une perte de 39 millions d'euros sur l'exercice clos le 31 décembre dernier, contre unbénéfice de 12,8 millions en 2009.

Selon le Guardian, la principale explication de ce fort retournement de situation est que l'écurie a subi le départ de nombreux sponsors à la suite de la révélation du Crashgate de Singapour 2008 peu avant l'édition 2009 du Grand-Prix de Singapour 2009. Le sponsor-titre de l'époque a alors décidé de cesser sa collaboration avec l'écurie avec effet immédiat. Or sa contibution était estimée à 48 millions d'euros par saison. Cela s'est donc concrétisée par une baisse du chiffre d'affaires de 49% d'une année sur l'autre, malgré la signature de nombreus sponsors au cours de la saison, pour atteindre "seulement" 93 millions d'euros.

Par contre, l'écurie est également parvenue à faire baisser ses coûts de manière significative. L'une des principales raisons est le départ de Fernando Alonso, dont le salaire était déjà l'un des plus élevés du plateau puisqu'il touchait plus de 14 millions d'euros alors que son remplaçant, Robert Kubica, touchait largement moins puisque son palmares était beaucoup moins fourni que celui de l'Espagnol. Les coûts totaux de l'écurie ont donc également baissé de 18% par rapport à l'année précédente, pour un total de 140 millions d'euros.

Mais cette perte n'a pas d'impact sur les comptes du constructeur français puisqu'il avait vendu 75% de ses parts à Genii Capital en décembre 2009 et le complément un an plus tard. Cette décision apparait donc avoir été visionnaire puisque le losange s'est focalisé sur la fourniture de moteurs, ce qui s'est traduit par un double titre l'an dernier, grâce à Red Bull et Sebastian Vettel. Jean-François Caubet, le directeur général de Renault Sport F1, a donc déclaré : "Je pense que si nous gagnons le championnat cette année, ce sera la dixième fois en 20 ans. Nous pensons que nous avons pris la bonne décision en choisissant de vendre uniquement des moteurs et d’arrêter de s’occuper d’une équipe, et je pense que la stratégie à long terme que nous avons avec l’équipe Red Bull est une bonne chose pour le futur de la Formule 1 et de Renault."

Par contre, Genii Capital, qui se sert de l'écurie comme plate-forme de communication B2B, n'a pas pour vocation d'enregistrer des pertes sur le long terme. C'est pourquoi le contrat de sponsoring signé avec Group Lotus a une clause qui stipule que le constructeur britannique peut acquérir 50% du capital de l'écurie. Son PDG, Dany Bahar, ainsi que le directeur général de Proton (le propriétaire de Lotus), Syed Zainal Abidin Tahir, ont ainsi été nommés au conseil d'administration de l'écurie afin qu'ils disposent d'un droit de regard sur la gestion de l'écurie.

L'autre moyen trouvé par l'écurie est de faire venir des pilotes disposants d'important soutiens financiers. Ainsi les deux pilotes actuels de l'écurie, Vitaly Petrov et Bruno Senna, viennent de deux pays, la Russie et le Brésil, stratégiques pour Genii et ont chacun apporté de nombreux sponsors. Pour autant, les dirigeants de l'écurie refusent de les appeler pilotes payants, même si les podiums de Vitaly Petrov et de Nick Heidfeld en début de saison paraissent déjà très loin... Gérard Lopez a ainsi déclaré lors du dernier Grand-Prix de Singapour : "Chaque fois que nos pilotes sont appelés pilotes payants, j'ai mal pour eux. Pas pour nous parce qu'au bout du compte, il n'y a aucun pilote qui peut porter ce genre d'équipes vers l'avant. Je trouve que c'est un manque de respect pour ces gars. Pour être honnête, avant, je trouvais que c'était un manque de respect envers nous également. Maintenant, ça ne me dérange plus. Maintenant, nous faisons ce que nous avons à faire. Nous faisons les investissements dont nous avons besoin et nous verrons comment sera le futur en termes de résultats. J'espère que nos investissements nous porteront vers notre objectif, qui est de faire partie des trois meilleures équipes."

Publié dans Lotus, Renault

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