Le fiasco de l'annulation du Grand Prix d'Australie

Publié le par Matthieu Piccon

Face à l’inéluctable, Liberty Media et la FIA ne sortent pas grandis du processus qui a conduit à l'annulation du Grand Prix d'Australie. Le début de saison parait lointain.

Ubuesque. Voilà le mot qui revient le plus souvent lorsqu'on analyse la situation dans la laquelle la F1 s'est retrouvée jusqu'à l'annulation du Grand Prix d'Australie.

Si des doutes étaient émis depuis des semaines, la F1 avait fait fait savoir qu'elle n'avait pas reçu d'indications qui empêcheraient la tenue du début de saison à Melbourne. Il y a trois jours le site officiel de la F1 s'enorgueillissait même du processus qui conduit chaque équipe à envoyer 42 tonnes de fret à l'autre bout du monde pour cette épreuve.

Finalement, tout ça pour rien : seulement 1 heure et demi avant le début de la première séance d'essais libres, alors que des milliers de fans se pressaient déjà devant les portes, que les commissaires occupaient leur place et que la fameuse F1 bi-place faisait ses traditionnels tours, la F1 a finalement décidé d'annuler l'épreuve !

Ce qui est d'autant plus surprenant est qu'il s'est passé près de 12 heures entre l'annonce du retrait de McLaren et le communiqué de la F1 annonçant que l'épreuve était bel et bien annulée. Comme souvent, la raison d'un tel décalage temporel est à chercher du côté des influences politiques et financières.

En effet, si la FIA érige la réglementation technique et sportive, elle ne détient pas les droits commerciaux, qui sont du ressort de Liberty Media. La FIA ne peut annuler une épreuve que si moins de 12 monoplaces sont en mesure de participer. Sans cette condition, l'ensemble des frais d'annulation serait de son ressort.

Une nouvelle fois, le paddock s'est divisé en deux groupes bien distincts : Ferrari, Alfa Romeo et Renault étaient d'avis de suivre McLaren et de se retirer tandis que Red Bull, Alpha Tauri et Racing Point voulaient au contraire participer à l'épreuve, coûte que coûte. Au milieu, Haas et Williams se déclaraient neutres et ne voulaient pas prendre position, dans un sens ou dans l'autre.

La voix décisive était donc à chercher du côté de Mercedes. La première position de l'équipe championne du monde était de participer à l'épreuve, avant que Toto Wolff ne reçoive un appel de la part de la maison-mère lui indiquant que la décision était bien entre les mains du team manager tout en exprimant tout de même son avis. Lorsque Toto Wolff rejoignit la réunion, il indiqua que Mercedes était finalement pour une annulation, ce qui permit de faire basculer la décision.

De quoi provoquer la colère de Christian Horner, comme il l'a révélé à Auto Hebdo : "Nous étions disposés à surveiller les derniers changements de la situation pour aider les autorités. Les autorités locales et la FIA nous avaient donné le feu vert pour la poursuite du Grand Prix la nuit dernière (NDLR : de jeudi à vendredi). Il y avait une majorité en faveur du maintien. Tout a changé après la réunion entre les équipes, certains ont changé d’avis. Le promoteur n’avait plus trop le choix que d’annuler par la suite."

Ce qui a encore compliqué la prise de décision est que les deux principaux dirigeants n'étaient pas physiquement sur place. En effet, Chase Carey était au Vietnam pour  tenter de sauvegarder la première édition de la course dans le pays sud-asiatique tandis que Jean Todt était en France, à une réunion organisée à Valenciennes par le club d'affaires local... C'est ainsi que Ross Brawn a justifié qu'il ait fallu près de 12 heures pour prendre une décision qui semblait pourtant évidente.

La F1 ne ressort pas grandit d'un tel épisode alors que toutes les autres disciplines sportives ont pris des mesures qui permettent d'éviter de déplacer des dizaines de milliers de personnes et de l'annuler littéralement au tout dernier moment.

Tout ça pour ça...
Tout ça pour ça...

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