Plan de recrutement chez Sauber

Publié le par Matthieu Piccon

Arrivé à la tête de Sauber mi-juillet, Frédéric Vasseur a pour objectif de faire revenir l'équipe dans le milieu de peloton. Cela passe nécessairement par l'arrivée de nouvelles recrues.

Si l'on parle souvent d'une premier bilan à l'issue des 100 premiers jours dans un poste, Frédéric Vasseur se rapproche de la barre des 50 premiers. Il est donc un peu tôt pour dresser un premier bilan mais cela laisse le temps pour un premier aperçu, que le dirigeant nous a confié en exclusivité dans le paddock de Spa-Francorchamps : "C'est un peu court pour tirer un premier bilan mais je ne suis pas surpris par la situation sportive. On est en fond de grille mais ça je le savais avant."

Le Français n'a pas tardé à s'atteler à sa première mission qui était la question essentielle du moteur. En quinze jours, il a donc mis un terme à l'accord qui avait été noué plutôt dans la saison avec Honda afin de prolonger la collaboration avec Ferrari, qui s'étend depuis de nombreuses années : "La concrétisation de l'accord avec Ferrari est une étape hyper importante dans le développement de l'équipe car ça nous donne un axe de développement à moyen terme."

Ainsi la question du moteur est centrale puisqu'elle influe sur l'empattement de la voiture, la répartition des masses. Ce n'est pas une figure de style de dire que c'est véritablement la colonne vertébrale de la voiture. Donc tant que cette question n'était pas traitée, le développement de la voiture de l'an prochain ne pouvait pas être approfondi.

Mais pour assurer le développement, la question humaine est essentielle et c'est un vaste chantier que le dirigeant a mis en place. En effet, Sauber bénéficie toujours d'excellentes infrastructures depuis le passage sous la coupe de BMW : "Les infrastructures sont excellentes. Nous avons très certainement l'une des meilleures souffleries du plateau. Nous avons de véritables atouts mais également des vrais points de faiblesses" a-t-il ainsi commenté.

L'une des problématiques est celle du temps nécessaire pour faire venir de nouvelles recrues en raison des contrats qui lient les ingénieurs à leur employeur actuel : "Ca prend du temps car le recrutement en F1, avec des contrats du type des joueurs de foot, c'est assez compliqué et long. Il faut donc s'atteler la tâche et ne pas se dire que les résultats arriveront dès la semaine prochaine."

Le nombre fait nécessairement force en F1 et les difficultés financières des dernières années n'ont pas aidé à conserver beaucoup d'employés : "Sur le département aérodynamique, nous devons être à 50% de la taille de celui de Force India. Les gens que nous avons sont tout aussi compétents que les autres mais il faut que nous nous mettions au niveau en termes de volume."

La situation géographique unique de l'équipe, au cœur de la Suisse, est à la fois un atout et une faiblesse puisque s'il peut être difficile de faire venir des ingénieurs localisés en Grande-Bretagne, une fois arrivés en Suisse, ils seront moins enclins à partir à la première offre concurrente. L'arrêt du programme LMP1 de Porsche, situé à proximité d'Hinwil présente ainsi une véritable opportunité pour l'équipe suisse.

Frédéric Vasseur sait également qu'il peut compter sur ses actionnaires, Longbow Finance, pour trouver les financements nécessaires à la reconstruction de l'équipe et se donner les moyens d la politique. Avec un homme qui a gagné dans toutes les catégories par lesquelles il est passé, on peut se dire que l'équipe est entre des mains expérimentées qui ne demandent qu'à être exploitée au maximum de ses possibilités.

De notre envoyé spécial à Spa-Francorchamps

Frédéric Vasseur cherche à faire venir du monde à Hinwil

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