La pluie coûte des millions à Austin

Publié le par Matthieu Piccon

L'ouragan Patricia aura causé des conditions climatiques dantesques à l'occasion du dernier Grand Prix d'Austin. Les conséquences économiques devraient être très importantes pour le circuit texan.

Si la course a bien pu avoir lieu, le programme du week-end a été chamboulé par la météo. Ainsi la seconde séance d'essais du vendredi après-midi a été annulée tandis que les qualifications étaient repoussées au dimanche matin.

Jason Dial, le président du circuit, a donc reconnu auprès de Sports Business Daily que cela avait eu un impact certain sur le nombre de spectateurs qui ont assisté à la course : "Nous avons eu 33 cm de pluie vendredi et samedi. Cela nous a vraiment touché. Nous étions dans le rythme pour faire mieux que l'année dernière. Mais lorsque vous regardez qui vient lorsqu'il pleut ou pas, cela nous a clairement fait mal."

C'est ainsi que le COTA a enregistré le plus faible nombre de spectateurs le dimanche de son histoire, qui compte quatre années. Ainsi le circuit enregistre sa quatrième année de baisse consécutive puisque 117,429 personnes étaient présentes lors de l'épreuve inaugurale en 2012 alors que l'édition 2015 n'a rassemblé que 101,667 spectateurs.

Cette baisse dans le nombre de spectateurs a un effet immédiat sur les finances du circuit puisque le circuit ne peut compter que sur la billeterie et sur les concessions commerciales pour rentabliser leur événement. Or lorsqu'il pleut, les spectateurs ont moins tendance à consommer sur place : "Vous pouvez vendre un peu plus de chocolat chaud mais, de manière générale, votre panier moyen est plus élevé les jours ensoleillés."

De plus, la pluie a contraint les organisateurs a organisé dans l'urgence un service de navettes en bus afin que les spectateurs n'utilisent pas leurs propres voitures et aillent se garer sur des parkings rendus impraticables par la pluie. Pour ce faire, le circuit a donc dû louer beaucoup de bus scolaires, ce qui a encore augmenté ses dépenses alors que ses recettes étaient déjà diminuées.

Bobby Epstein, le président du conseil d'administration du circuit, a ainsi reconnu auprès de l'Austin American-Statesman, que l'impact financier serait important et pourrait se prolonger sur les années suivantes : "Nous avons perdu des millions sur les concessions commerciales. Nous avons également souffert du fait que certains fans ont eu une telle mauvaise expérience qu'ils ne reviendront pas, même si j'espère qu'on arrivera à leur faire changer d'avis."

Mais, outre le climat, Austin doit faire face à une concurrence renforcée, avec l'arrivée de Mexico City au calendrier de la F1. Ainsi de nombreux Mexicains qui franchissaient la frontière pour assister à la course d'Austin ont préféré leur épreuve nationale, comme le reconnait Bobby Esptein : "La course au Mexique nous a également fait mal."

D'autant plus qu'aucune collaboration n'a été mise en place cette année car le Mexique n'en avait pas besoin après avoir vendu l'ensemble de ses tickets en un temps record. Jason Dial estime donc que la promotion croisée entre les deux épreuves devraient avoir lieu à l'avenir : "Ce genre de choses vont arriver, comme nous avons crééer des partenariats avec l'Université du Texas. Ces opportunités ne se sont pas présentées cette année car Mexico était dans une position de guichets fermés."

Dans ces conditions, on peut mieux comprendre pourquoi le calendrier 2016 ne prévoit plus de back-to-back entre les deux épreuves, qui seront désormais séparées de deux semaines alors que le Mexique sera désormais couplé avec le Brésil. Si cela complique la logistique des équipes, cela permet de réduire la compétition entre les deux épreuves nord-américaines.

Les conditions météorologiques d'Austin ont été catastrophiques, à plus d'un titre

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