Vers la création d'un titre pour les jeunes pilotes ?

Publié le par Matthieu Piccon

Alors que la saison vient de s'achever avec les essais pour jeunes pilotes sur le circuit de Yas Marina, on peut se demander si la F1 n'aurait pas intérêt à créer un titre récompensant les jeunes pilotes en fin de saison. Tant pour les récompenser qu'assurer son avenir.

Depuis quelques saisons, les commentateurs ont pris l'habitude de critiquer ouvertement les jeunes pilotes qui arrivent avec des mallettes pleines. Cela nuirait à la qualité du plateau, avec des pilotes de talent laissés sur le côté pour cause de manque d'argent... Ce genre de déclarations met de côté le fait que ce genre de pratiques n'est pas nouveau. Les plus anciens se rappelleront qu'un certain Niki Lauda a fait son arrivée en F1 grâce à ses importants soutiens financiers. Cela ne l'a pas empêché de remporter trois titres mondiaux.

De plus, il ne faut pas non plus oublier que tous les pilotes présents sur le plateau cette année n'étaient pas non plus des amateurs qui ne tournaient à 10 secondes au tour, comme cela a pu se voir dans le passé. Ils sont tous passés par les formules de promotion et y ont eu des résultats au moins acceptables.

Le cas d'un pilote comme Felipe Nasr est d'ailleurs symbolique de cette situation. Ainsi beaucoup se sont exprimés sur les millions qu'il va apporter à Sauber la saison prochaine. Or il ne faut pas oublier que le jeune brésilien vient de terminer sur le podium du championnat du GP2, ce qui montre ses capacités derrière le volant.

Mais le fait qu'il soit parvenu à obtenir le soutien massif d'investisseurs brésiliens est également un signe de son talent (ou de celui de son entourage) derrière la table de négociations. En effet, il a été en mesure de convaincre des hommes d'affaires habitués aux présentations Powerpoint sur les retours d'investissements qu'il représentait une opportunité réelle pour ces entreprises, d'un point de vue commercial.

Il y a donc de nombreux cas qui montrent que le soutien financier n'est qu'un marche-pied vers la F1. Ainsi Jules Bianchi a été soutenu toute sa carrière par Ferrari, ce qui lui a permis de faire ses débuts chez Marussia. Pourtant personne ne remet en cause son talent certain. De même, c'est le soutien de Flavio Briatore et de Renault qui a permis à Fernando Alonso d'arriver en F1 via la modeste Minardi.

Or ces pilotes largement soutenus sont tout simplement indispensables à la survie de leurs équipes puisque la répartition des revenus de la F1 veut que les équipes les plus anciennes soient celles qui empochent la plus grosse partie des revenus, indépendamment de leurs succès en course.

Si l'on regarde à la grille (pas encore complétée) de 2015, on peut se rendre compte qu'un titre récompensant, par exemple, les pilotes n'ayant pas encore 25 ans au 1er janvier 2015 permettrait de mettre en concurrence des pilotes comme Max Verstappen (Toro Rosso), Felipe Nasr et Marcus Ericsson (Sauber), Sergio Pérez (Sahara Force India), voire Kevin Magnussen (si McLaren le confirme bien aux côtés de Fernando Alonso). Jean-Eric Vergne aurait pu faire partie de la liste si Toro Rosso avait décidé de le conserver. Et cela ne prend même pas en compte le potentiel de survie de Caterham (où Will Stevens pourrait faire sa place) et/ou de Marussia.

Cela veut donc qu'un tel championnat pourrait concerner jusqu'à six pilotes répartis dans cinq équipes. Or la majeure partie de ces dernières occupent le milieu de plateau, rarement télévisé. En introduisant ce nouveau championnat, la FOM permettrait ainsi de donner plus de temps d'antenne à ces équipes puisque les enjeux sportifs y seraient plus grands.

Un moyen simple pour les rendre encore davantage visibles serait, par exemple, d'organiser un podium distinct pour les "Juniors" après l'arrivée de chaque course ainsi que d'instaurer un autre barème de points. Ces écuries augmenteraient donc leur valeur marchande auprès des sponsors, qui disposeraient également d'une plus grande exposition médiatique. Cela réduirait donc la pression financière qui pèse sur ces équipes. Par conséquent, elles seraient encore plus libres de leur choix de pilotes...

Une autre idée qui circule cette semaine, sur fond de réunions en Suisse du Strategy Group et de la Commission de F1, est de confier en priorité des voitures de 2014 aux jeunes pilotes en 2015. Une telle priorité aurait la conséquence financière d'abaisser les coûts en utilisant des voitures bien rodées et qui existent déjà. Elles coûteront mécaniquement moins cher en exploitation puisqu'elles ont déjà été amorties dans les comptes des écuries en partie l'an dernier et cette sasion. Cela justifierait alors un championnat différent, distinct, pour des raisons purement économiques. Il y aurait alors la F1 "Low Cost" pour les jeunes en plein apprentissage et la F1 "Premium", avec des monoplaces neuves, pour les champions du monde et les pilotes de plus de 25 ans. Nous aurions donc un championnat qui préoccupe principalement les plus grandes écuries, généralement soutenues par de grands constructeurs, tandis qu'un autre championnat récompenserait celles qui n'ont pas les mêmes moyens, en général deux fois moins (150 à 200 millions de livres maximum au lieu de 300 ou 400 millions de livres par an, selon Autosport).

Néanmoins, cette nette distinction ne toucherait que les pilotes et non les équipes. Ainsi il semble exclu de créer un championnat dit des Constructeurs et un autre des Teams puisque cette solution semble ne pas plaire du tout aux équipes plus petites. Il y aurait ainsi seulement deux catégories de monoplaces : les toutes neuves pour les caïds et celles de l'an dernier, légèrement améliorées grâce à des améliorations acceptés selon un consensus entre les équipes concernées (spécifications 2014+ pour châssis et moteur).

Reste maintenant à voir si un tel cercle vertueux pourrait émerger dans un paddock qui est plus que jamais divisé...

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