Olivier Gillet nous clarifie la position de Renault

Publié le par Matthieu Piccon

Alors que Jeam-Michel Jalinier a lancé un pavé dans la marre en affirmant que certains des clients de Renault n’ont pas réglé les factures dues, Olivier Gillet, le directeur marketing, nous apporte dans le paddock de Barcelone, en exclusivité, un complément d’informations.

Olivier Gillet a ainsi confirmé que les discussions sont strictes et fortes entre Renault et certains de ses partenaires : « On en est à ce niveau-là. On discute avec les écuries. On a très solidaire avec elles par rapport à la performance. Maintenant on espère que ça sera dans les deux sens et chacun respectera ses engagements. » Par contre, il estime que les discussions en cours n’en sont pas encore arrivées à un point de non-retour, qui viendrait à couper l’approvisionnements en moteur de telle ou telle écurie : « On n’est pas encore en train d’évoquer une phase 2. »

On a très solidaire avec elles par rapport à la performance. Maintenant on espère que ça sera dans les deux sens et chacun respectera ses engagements.

Olivier Gillet

Nous avons ensuite évoqué la problématique générale de la mauvaise publicité qui est faite à la nouvelle réglementation moteur, que ce soit d’un point de vue bruit que d’un point de vue course à l’économie : « De notre côté, nous avons fait tous les efforts possibles puisque nous avons commencé à communiquer dès le mois de février dernier. On a refait une présentation au mois de juin. On a mis à disposition pas mal d’outils pédagogiques pour expliquer cette nouvelle technologie. On a livré dès le mois de juin un dossier quasiment complet. »

Le devoir de pédagogie que s’impose Renault est également lié au fait que ce discours est au cœur de sa problématique en tant que constructeur de véhicules de route, comme Honda a également pu le faire savoir lors de la conférence de presse en Chine : « En tant que motoriste pur et dur, on va continuer à communiquer sur le sujet, à expliquer car c’est un sujet compliqué car au-delà de la performance du moteur, on parle aussi de l’efficacité et du rendement. C’est une vraie problématique sur les voitures de série à l’heure actuelle. C’est pourquoi nous nous sommes pleinement engagés pour ce moteur et c’était aussi l’un des objectifs du point de ce matin avec la presse. »

Quant à la discussion autour du bruit des nouvelles monoplaces, pour Olivier Gillet, il s’agit davantage d’un faux débat, porté par des conservateurs qui ne voudraient pas voir la F1 évoluer : « Il ne faut pas oublier que le bruit fait partie de la catégorie des pollutions. Donc en plus de réduire de plus de 40% les émissions de CO2, réduire le bruit fait également partie des sujets importants. » Donc, à l’heure actuelle, il n’y a aucun projet chez Renault de suivre l’exemple de Mercedes, qui compte tester un amplificateur de bruit lors des essais privés de la semaine prochaine : « C’est un bruit moderne. C’est le vrai bruit d’un V6 turbo. Il n’y a aucun intérêt à ajouter des artifices. »

Aujourd’hui, on a plus de 30 ingénieurs à Viry-Chatillon qui viennent de chez Renault, qui viennent se former pendant trois ans sur ce projet de V6.

Olivier Gillet

D’un point de vue plus commercial, Renault vient de lancer une nouvelle campagne de communication, montrant qu’il y a une part des véhicules de série qui sont issus de la F1. Cela s’explique par les transferts de compétence entre les ingénieurs de la série et ceux de la compétition : « C’est juste pour montrer au grand public la justification de l’engagement de Renault, les liens avec les voitures de série. Ce n’est pas tous les jours évident à comprendre car on n’aura jamais un moteur de F1 dans sa voiture. Par contre, on a beaucoup d’expérience de la F1 dans la voiture de série mais aussi beaucoup d’expérience de la voiture de série dans la F1. Aujourd’hui, on a plus de 30 ingénieurs à Viry-Chatillon qui viennent de chez Renault, qui viennent se former pendant trois ans sur ce projet de V6. Ils vont ensuite utiliser toute leur expérience acquise chez nous pour la série. Inversement, lors des difficultés que nous avons rencontrées, on est allé chercher quelques ressources critiques chez Renault sur les points où nous étions en difficulté. »

Ainsi il a confirmé que le principal point de difficultés est l’optimisation de tous les éléments du power unit en même temps : « Ce qu’on voyait au banc n’était pas forcément le reflet de ce qu’on voyait sur la piste. On avait un gros travail pour réaligner tout ça. On est assez confiant du côté hardware, du côté mécanique, que ce soit pour le moteur thermique que pour le moteur électrique. On le voit bien, les problèmes ont été résolus rapidement puisque dès la première course, on était là. Après il y avait un problème de fiabilité mais c’est normal au début. »

Aujourd’hui, Renault estime être revenu au niveau qui aurait été nécessaire en Australie. Maintenant arrive donc la phase suivante, qui consiste à rattraper le retard : « On va passer dans une phase d’optimisation complète et de réel développement du moteur. »

De notre envoyé spécial à Barcelone

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