Le Venezuela menace de ne plus mettre d'argent dans les sports automobiles

Publié le par Matthieu Piccon

PDVSA est l'un des plus gros sponsors en Formule 1, ce qui a permis à Pastor Maldonado de s'assurer une place chez Lotus, après son passage chez Williams. Mais aujourd'hui, son gouvernement menace de couper les fonds destinés aux sports automobiles.

Dans une interview accordée au journal local Ultimas Noticias, le ministre des sports, Antonio Alvarez, a clairement signifié qu'il comptait fermer le robinet des pétrodollars en direction des sports automobiles : "Je sais que je vais me faire beaucoup d'ennemis mais il n'y aura plus un dollar en direction des sports automobiles. Les sports vénézuéliens ont d'autres priorités et il serait injuste d'utiliser des ressources d'Etat pour des disciplines qui ne sont pas en lignes avec le développement du pays."

La menace est donc réelle pour Pastor Maldonado, qui a toujours bénéficier du large soutien d'Hugo Chavez et de la compagnie pétrolière locale pour financer sa carrière à travers les différents échelons des sports automobiles. Dès 2010, le pilote Lotus avait clairement indiqué qu'il pouvait bénéficier du soutien direct de son président : "Le Venezuela pousse très fort pour moi, pour que je puisse arriver en Formule 1. Tous mes sponsors viennent du Venezuela, c'est donc un soutien très important. Il (NDLR : Hugo Chavez) pousse pour moi, je le sais. Pas seulement dans les sports mécaniques mais dans tous les sports. Tous les sports venezueliens sont en train de se développer."

Néanmoins, la menace est à pondérer puisque ce n'est pas la première fois qu'elle est brandie par un officiel du Venezuela. En 2011, le parlementaire Carlos Ramos avait déjà écrit à Williams pour lui faire savoir que le contrat de sponsoring massif de l'écurie pourrait être illégal puisqu'il n'avait pas soumis à l'Assemblée Nationale. Cela n'a pas empêché le pilote de passer deux saisons supplémentaires à Grove.

De plus, pendant l'intersaison, le gouvernement actuel, après la mort d'Hugo Chavez, a accepté de continuer à payer Williams tout en permettant à son pilote de passer chez Lotus, afin de lui donner une opportunité (ratée jusqu'à présent) de progresser sur la grille.

Par contre, la menace pourrait être davantage réelle pour les autres catégories de sport automobile. En effet, le Venezuela est un acteur significatif en GP2. Ainsi depuis la saison 2012, l'écurie Lazarus s'est associée à des investisseurs venezueliens, ce qui a conduit à un changement de nom, au profit de Venezuela GP Lazarus. De même, le pilote Johnny Cecotto est massivement soutenu par différents organismes publics de son pays natal. Leur avenir pourrait donc être obscurci par la déclaration du ministre...

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